Les jeunes et le VIH

2 Juillet 2020
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Comme chaque année, Sidaction publie les résultats d’un sondage réalisé par Ifop-Bilendi auprès des jeunes âgés-es de 15 à 24 ans sur l’information et la prévention du VIH (1). Comme chaque année, les résultats indiquent que « le sentiment d’information des jeunes sur le VIH/sida se détériore ». Cette année, c’est même « à vitesse grand V ». « Connaissances sur le VIH/sida, moyens de prévention et santé sexuelle, tous les indicateurs sont au rouge ! », déplore Sidaction dans un communiqué. En 2020, 74 % des jeunes s’estiment bien informés. « Plus de dix ans après le premier sondage commandé par Sidaction, c’est le chiffre le plus bas jamais atteint. Depuis 2009, le sentiment d’information des jeunes a drastiquement diminué » déplore Florence Thune, directrice générale de Sidaction. Seuls 15 % des personnes sondées assimilent, par ailleurs,  le VIH à un virus, une baisse de 31 points en deux ans. Depuis plusieurs années, un phénomène de « minimisation des conséquences du VIH/sida s’observe », estime Sidaction. Ainsi 21 % des sondés-es estiment que les personnes vivant avec le VIH ne rencontrent pas de difficultés au quotidien, soit une augmentation de sept points en un an. « Si cela reflète une réalité en termes d’accès à des traitements plus performants et avec moins d’effets secondaires, il n’en est rien sur le terrain des peurs irrationnelles qui demeurent vis-à-vis des personnes séropositives.  Elles subissent de lourdes discriminations : vie privée, professionnelle, accès aux soins... Et ce, tout au long de leur vie car on ne guérit toujours pas du VIH/sida », analyse Florence Thune. Le sondage pointe aussi le fait que les « idées reçues et les fausses informations liées au virus du sida persistent. 15 % des personnes interrogées pensent que le virus du sida peut se transmettre en s’asseyant sur des toilettes publiques ou que la prise d’une pilule contraceptive d’urgence est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida. 29 % considèrent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida, une augmentation de six points par rapport à 2019 ». Le sondage fait état d’une mauvaise connaissance du Tasp : la « part des personnes connaissant cette information baisse cette année, passant de 72 % en 2019 à 60 % en 2020 ! ». Près d’une personne sur 3 (32 %) des 15-24 ans considère avoir moins de risques que les autres d’être infecté-e, soit un chiffre en hausse de dix points par rapport à 2009. « Ils souffrent du syndrome du super-héros : ils se sentent invincibles face au virus du sida. Cela peut s’expliquer par la raréfaction du VIH/sida dans l’espace médiatique et l’insuffisance de l’information auprès des jeunes. Cela pourrait s’aggraver avec l’omniprésence du coronavirus dans les médias actuellement » avance Frédéric Dabi directeur général adjoint de l’Ifop. Unique nouvelle réconfortante du sondage : le dépistage commence à entrer dans les mœurs. 27 % des 15-24 ans déclarent s’être fait dépister au cours de l’année, une évolution de cinq points en un an. « La période que nous vivons a changé les pratiques en matière de prévention. Dans ce contexte de déconfinement qui se poursuit et à l’approche de l’été, nous pourrions être tentés d’oublier de se protéger. « Il est essentiel de maintenir une vigilance accrue pour combattre désormais deux virus à la fois » conclut Florence Thune.