Les meurtres homophobes augmentent au Brésil

27 Mai 2017
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La communauté LGBT brésilienne a été victime d'un meurtre toutes les 25 heures en 2016, ont dénoncé le 17 mai à l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, des associations LGBT brésiliennes. L'ONG Grupo Gay da Bahia (GGB), qui recense les homicides de personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) au Brésil, a dénombré 117 crimes de ce type entre janvier et avril 2017, 20 % de plus que sur la même période de l'année dernière. En 2016, 343 meurtres ont été recensés par cette ONG, un triste record pour des statistiques établies depuis 37 ans, à partir d'estimations fondées sur des mentions dans la presse et sur les réseaux sociaux. Pour Genilson Coutinho, membre du GBB et éditeur du site spécialisé Dois Terços, cette recrudescence est due à "l'impunité". "Il n'existe pas de loi qui criminalise l'homophobie au Brésil. L'impunité renforce la violence quotidienne et institutionnalise la banalisation de ce genre de crime", déplore ce militant, interrogé par l'agence publique Agencia Brasil. Selon l'ONG Transgender Europe, le Brésil est le pays où ont été recensés le plus grand nombre de meurtres de personnes trans au monde, avec 900 morts entre 2008 et 2016, loin devant le Mexique (271), près de la moitié du total de 2 264 homicides dans le monde entier. Par ailleurs, précise l'AFP, la communauté LGBT est aussi touchée par les effets de la crise économique, notamment à Rio de Janeiro, où trois des quatre centres de soutien financés par cet Etat au bord de la faillite ont dû fermer leurs portes. La Gay Pride de Rio, qui a attiré 600 000 personnes en décembre 2016 selon les organisateurs, est elle aussi menacée. Selon le journal O Globo, l'équipe du nouveau maire Marcelo Crivella, pasteur évangélique arrivé au pouvoir en janvier et connu pour ses dérapages homophobes, prévoit de remplacer la subvention municipale par un simple "soutien logistique".