Les militants tchèques vent debout contre le dépistage obligatoire

16 Mai 2015
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Début avril, le ministre de la Santé tchèque a déposé un amendement à une loi de santé publique discutée au Parlement. Arguant de la forte poussée du VIH dans certains groupes à risque, cette proposition veut rendre le dépistage obligatoire dans ces groupes. Depuis les militants sida se mobilisent contre ce qu’ils jugent comme une atteinte aux droits humains. Selon Robert Hejzak de la Czech AIDS Help Society, la répression et l’obligation au test ne sont pas la solution, même si elles sont avancées comme un moyen de protection de santé publique. "Nous ne pouvons accepter que pour des raisons de santé publique, les droits humains de certains puissent être violés", a-t-il dénoncé. Ce à quoi le gouvernement répond que face à la propagation du virus, il est du devoir des institutions de santé de prendre en compte les données épidémiologiques, comme pour d’autres maladies transmissibles. Pourtant, comme le rappellent les opposants à cet amendement, on ne peut comparer le VIH à la grippe ou à Ebola, et les personnes séropositives ne sont pas une menace pour la santé publique. Alors que le débat public fait rage, cette proposition a été validée sans opposition à la chambre haute et est actuellement en troisième lecture dans la chambre basse du Parlement. Si les deux assemblées votent cette disposition, le dépistage obligatoire, aujourd’hui limité aux femmes enceintes, pourra s’appliquer à n’importe quelle personne qui sera jugée comme à risque. Sans pour autant que l’efficacité sur l’épidémie ou le recours accru au dépistage soient prouvés. En République Tchèque, 2 000 personnes sont enregistrées par l’Etat comme vivant avec le VIH.