Les ONG demandent davantage de justice fiscale

10 Février 2019
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Les critiques des organisations non gouvernementales Oxfam et Attac sur la concentration des richesses ont ravivé (21 janvier dernier) le débat sur les insuffisances de la fiscalité pour réduire ces inégalités, au moment où s’est ouvert (mi-janvier) le forum de Davos. « Les riches bénéficient non seulement d'une fortune en pleine expansion, mais aussi des niveaux d'imposition les moins élevés depuis des décennies », a souligné Oxfam à l'occasion de la publication de son rapport annuel sur les inégalités mondiales. De son côté, l'organisation altermondialiste Attac a accusé les entreprises du CAC 40 de recourir à de nombreuses « techniques d'évitement fiscal », notamment par le biais de près de 2 500 filiales implantées dans des territoires considérés comme des paradis fiscaux. La critique se concentre aussi sur les Gafa  (Google, Apple, Facebook, Amazon), accusés de ne pas contribuer à l'impôt à hauteur de la richesse produite, notamment en France. « C'est un scandale que ces entreprises ne paient pas d'impôts sur l'ensemble de leurs profits générés en France », s'insurge Alain Trannoy, directeur d'études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Le rapport d'Oxfam précise que sur un dollar d'impôt sur le revenu, seulement quatre centimes proviennent de la taxation de la richesse. De plus, l'ONG estime que les plus riches cachent au fisc 7 600 milliards de dollars, dans certains pays comme le Brésil ou le Royaume-Uni. « L'impôt est le bon moyen pour limiter l'importante disparité des richesses », explique Jonathan Goupille-Lebret, chercheur en économie à l'ENS Lyon et contributeur au Rapport sur les inégalités mondiales 2018, cité par l’AFP.  « Sa contribution est vertueuse, d'un côté il limite les fortunes les plus importantes, de l'autre il permet le financement de services publics, notamment dans l'éducation, qui soutiennent l'accès à la richesse d'une base beaucoup plus large » En dehors de l'impôt, « tout dépend aussi de ce que ces gens font de la richesse accumulée", complète Alain Trannoy. "Elle peut être bénéfique si elle est en partie réinvestie dans des fondations scientifiques, artistiques, ou si elle œuvre plus généralement pour le bien commun ». Ce débat sur la taxation des plus grandes fortunes se cristallise en France autour de la polémique sur la suppression de l'ISF.