Les « pauvres » perdent en visibilité

6 Avril 2021
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Les « pauvres » seront « sous-représentés » dans le futur Conseil économique, social et environnemental (Cese), s'est alarmé (25 mars) un collectif d'associations luttant contre la pauvreté. Cette assemblée consultative est chargée de conseiller le gouvernement. Elle doit être renouvelée et réformée d'ici quelques semaines. L’organisme a été récemment réformé, via une loi, pour lui permettre de jouer un rôle accru dans l'élaboration des politiques publiques. Sa prochaine mandature qui devrait démarrer entre avril et mai prochain durera cinq ans. Le Cese aura une composition remaniée, avec 175 membres, au lieu de 233 jusqu'à présent, précise l’AFP. Or, sur ces 175 sièges censés représenter la société civile (syndicats, entreprises, agriculteurs-rices, artisans, associations, organisations de jeunesse, etc.), seuls deux sont susceptibles de relayer la parole des personnes les plus précaires, fait valoir le collectif, soit un siège de moins que précédemment. En effet, un siège est dévolu à la Croix-Rouge, et un autre au collectif Alerte, qui regroupe 35 associations nationales de solidarité, selon un décret paru jeudi 25 mars au Journal officiel. Ce décret décrit la totalité de la nouvelle répartition des sièges. Syndicats, patronat, mutuelles et associations y sont notamment représentés-es. « On est très loin d'une représentation juste des 15 % de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France ! », s'est inquiété le collectif Alerte. C’est l’association ATD Quart Monde qui perd son-sa représentant-e, et ne sera plus représentée au Cese qu'au titre de son appartenance au collectif Alerte. « Nous sommes stupéfaits ! Alors que la pauvreté et la grande pauvreté augmentent significativement dans notre pays, les représentants des plus pauvres dans la troisième Assemblée de la République y seront moins nombreux », s'est indignée Marie-Aleth Grard, la présidente d'ATD Quart Monde.