2017 : Les plus riches ont pris 82 % de la richesse

24 Janvier 2018
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Les inégalités dans le monde se creusent toujours plus, indique un rapport de l’organisation non gouvernementale Oxfam. Dans ce rapport intitulé "Récompenser le travail, pas la richesse", que l'organisation a publié le 22 janvier dernier à la veille de l'ouverture du Forum économique mondial de Davos, l'ONG dénonce la prise de 82 % de la richesse mondiale créée en 2017 dans le monde par les 1 % les plus riches de la population. "Le boom des milliardaires n'est pas le signe d'une économie prospère, mais un symptôme de l'échec du système économique", a affirmé la directrice d'Oxfam, Winnie Byanyima. En matière d’inégalités, ce sont les femmes qui paient le prix fort. "On exploite les personnes qui fabriquent nos vêtements, qui assemblent nos téléphones portables et cultivent les aliments que nous mangeons, afin de garantir un approvisionnement constant en produits pas chers, mais aussi pour grossir les profits des entreprises et leurs riches investisseurs", a-t-elle dénoncé dans un communiqué. Selon le rapport d'Oxfam, 3,7 milliards de personnes, soit 50 % de la population mondiale, n'ont pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale en 2017, alors que les 1% les plus riches en ont empoché 82 %. Depuis 2010, la richesse de cette "élite économique" a augmenté en moyenne de 13 % par année, a précisé Oxfam. L'ONG, qui publie traditionnellement un rapport sur les inégalités juste avant que l'élite économique ne se réunisse à Davos, en Suisse, lance un appel aux dirigeant-e-s pour que "l'économie fonctionne pour tous, et pas uniquement pour une riche minorité". Elle préconise la limitation des dividendes pour les actionnaires et les dirigeant-e-s d'entreprises, la fin de "la brèche salariale" entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre l'évasion fiscale. Selon un sondage réalisé pour Oxfam auprès de 70 000 personnes dans dix pays (dont l’Inde, le Nigeria, les Etats-Unis, le Royaume Uni, le Mexique, le Maroc, les Pays-Bas, etc.), diffusé à l'occasion de la publication du rapport, les deux tiers des personnes interrogées estiment "urgent" de traiter la brèche entre riches et pauvres.