Les résultats de l’essai Namsal

26 Décembre 2019
435 lectures
Notez l'article : 
0
 

Jusqu’à l’année dernière, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandait l’association de deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) avec l’efavirenz à la dose quotidienne de 600 mg pour le traitement de première ligne. Dans l’essai Single, le dolutégravir comparé à l’efavirenz en trithérapie présentait une meilleure efficacité viro-immunologique, justifiant de modifier les recommandations, rappelle un article de la docteure Laurence Morand-Joubert pour la Lettre de l’infectiologue. L’essai de phase 3 Namsal ANRS 12313 a été mené au Cameroun pour comparer en première ligne, l’efficacité et la tolérance d’un schéma à base de dolutégravir avec celui à base d’efavirenz 400 mg. Au total, 613 participants-es ont reçu au moins une dose du schéma thérapeutique : 310 sous dolutégravir et 303 sous efavirenz, combiné à TDF/3TC. L’âge médian était de 37 ans avec 65,9 % de femmes. Le taux médian de CD4 était à 281/mm3. La charge virale en médiane était à 5,3 log copies/ml, avec 66,4% de charge virale supérieure à 100 000 cp/ml. À 48 semaines, l’efficacité virologique à moins de 50 copies/ml était de 74,5 % dans le bras dolutégravir et de 69 % dans le bras efavirenz 400 mg, démontrant la non infériorité.  Chez les patients-es ayant plus de 100 000 cp/ml, l’efficacité était de 66,2 % versus 61,5 %, respectivement, démontrant également la non infériorité. Au seuil de 200 cp/ml, l’efficacité virologique était meilleure chez les patients-es sous dolutégravir 89 % versus 83,5 % pour ceux et celles sous efavirenz avec la persistance d’une faible charge virale (virémie) chez 15 % des patients-es inclus-es, détaille la docteure Laurence Morand-Joubert. Les échecs virologiques définis par une charge virale à plus de 1000 copies/ml étaient de trois dans le groupe prenant le dolutégravir sans sélection de mutation de résistance et de 16 dans le groupe prenant l’efavirenz 400. Parmi les seize patients-es en échec avec l’efavirenz 400, six présentaient des mutations de résistance à l’inclusion (cinq avec une résistance à l’efavirenz et une avec une résistance aux trois ARV : TDF, 3TC, EFV). Parmi les dix personnes sans résistance primaire, huit avaient acquis des mutations de résistance. En analyse multivariée, l’échec virologique sous efavirenz 400 était significativement associé à la résistance primaire à l’efavirenz, à une charge virale élevée de plus de 100 000 cp/ml et à l’observance.  La prise de poids était plus importante sous dolutégravir que sous efavirenz avec un gain médian de cinq kilos versus trois kilos et l’incidence de l’obésité était de 12,3 % versus 5,4 %. En conclusion, cet essai de phase 3 a démontré la non-infériorité du dolutégravir par rapport à l’efavirenz à faible dose avec un bénéfice du dolutégravir sur l’absence de sélection de résistance, mais avec un sur-risque d’obésité, conclut la docteure Laurence Morand-Joubert.