L’Europe contre la loi hongroise

22 Février 2023
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Front commun. La Belgique et le Luxembourg se sont associés lundi 13 février au recours de la Commission européenne contre une loi hongroise interdisant la diffusion de contenus sur l’homosexualité auprès des mineurs-es, jugée discriminatoire à l’égard des personnes LGBT+. « La Belgique interviendra en soutien de la Commission européenne dans le recours qu’elle vient de porter devant la CJUE pour défendre les droits de la communauté LGBTIQ » en Hongrie. Ces droits sont soumis à une pression croissante. Cette tendance doit être inversée », a tweeté la ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib. Son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn, a indiqué à l’AFP que son pays s’associait aussi à cette procédure. La Hongrie a adopté en juin 2021 une loi interdisant « la représentation ou la promotion » de l’homosexualité et du changement de sexe auprès des mineurs-es, qui avait suscité des réactions indignées, notamment de la part de dirigeants-es européens-nes. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait parlé de « honte » et l’exécutif européen avait lancé une procédure d’infraction en juillet 2021. Dans son recours devant la Cour de justice de l’UE, la Commission estime que cette loi hongroise viole les directives sur le commerce électronique, sur les services dans le marché intérieur, sur les services de médias audiovisuels, la charte des droits fondamentaux de l’UE, mais aussi l’article 2 du Traité sur l’Union européenne portant notamment sur le respect des droits humains et la non-discrimination. L’ONG belge de défense des droits des personnes LGBT+ Forbidden Coulours, en collaboration avec les organisations Hatter Society et Reclaim, a lancé une pétition européenne pour que les États membres se joignent à la procédure en justice, espérant qu’au moins vingt d’entre eux le feront. En juin 2021, 19 États membres avaient dénoncé l’adoption de la loi hongroise contre « la propagande LGBTIQ ». « Aujourd’hui, nous leur demandons d’honorer leurs déclarations », indique Vincent Reillon, de Forbidden Colours, dans un communiqué. « Les États membres doivent s’unir à la CJUE pour mettre cette politique haineuse dans les poubelles de l’histoire et s’assurer qu’aucun État membre ne la reproduira jamais », exhorte aussi Esther Martinez, de l’ONG Reclaim.