LGBT en Tunisie : un arsenal législatif répressif

30 Septembre 2016
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La Tunisie doit réviser son arsenal législatif pour mettre fin aux discriminations contre les personnes LGBT, a affirmé, le 22 septembre dernier, un collectif de cinq associations tunisiennes (Shams, Kelmty, Damj, Chouf et Mawjoudin) dans un rapport déposé auprès de l'Onu. Des avancées ont été "réalisées en matière de droits et de libertés collectives" depuis le renversement de Ben Ali, mais les personnes LGBT restent "victimes d'un arsenal législatif répressif (…) et continuent à subir au quotidien toutes formes de stigmatisation, de discrimination et de violences", selon ce rapport. Ce texte a été déposé auprès des Nations unies en prévision de l'examen périodique de la Tunisie devant le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu en mai 2017. L'article 230 du Code pénal condamne toujours l'homosexualité d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison. L'an dernier, plusieurs jeunes ont été arrêtés et condamnés à de la prison pour homosexualité. Et "pour prouver les pratiques homosexuelles, l'Etat tunisien a souvent recours au test anal (...), un traitement cruel, dégradant et inhumain qui peut s'apparenter à une pratique de torture", selon le rapport. Le collectif dénonce également les "arrestations arbitraires", les "contrôles de police abusifs" et les "appels à la violence envers la communauté" sur la scène médiatique. Les associations appellent donc la Tunisie à "abroger immédiatement l'article 230 du Code pénal, à interdire la pratique du test anal (...) et à lutter contre toutes les formes de stigmatisation et de discrimination envers la communauté LGBTQI". Un ex-ministre de la Justice s'était dit en faveur de l'abrogation de l'article 230, mais le président Béji Caïd Essebsi y est catégoriquement opposé.

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