L'homosexualité bientôt interdite ?

7 Septembre 2022
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Le 20 août dernier, en marge d’un atelier sur le Code pénal malien, Mahamadou Kassogué, ministre malien de la Justice, parle de l’homosexualité qu’il qualifie de « relation contre-nature ». Il indique, à l’occasion, que celle-ci serait bientôt interdite et sanctionnée. La sortie ministérielle a suscité aussitôt des inquiétudes, notamment chez les organisations de santé, rapporte RFI. Actuellement, l’homosexualité est légale au Mali, dans le sens où le Code pénal n’y fait pas référence. Dans les faits, elle n’est ni protégée, ni respectée ; d’ailleurs, les homosexuels-les sont généralement très mal perçus-es. Ils-elles sont souvent rejetés-es au nom de la religion ou de la tradition. De ce fait, les personnes LGBTQ+ sont quasiment invisibles dans l'espace public. Ce qui ne signifie pas qu'ils n'existent pas. « Ça va les pousser dans la clandestinité, du coup ça va être difficile pour nous de les atteindre. Ça va faire reculer tout le progrès que l'on a fait dans la lutte contre le VIH. On a peut-être une bombe à retardement », alerte Alpha Macky Tall, directeur plaidoyer et droits humains d'Arcad Santé Plus, association de lutte contre le VIH-sida, membre de Coalition PLUS, interrogé par RFI. Comme c’est le cas dans d’autres pays, les HSH sont très exposés au VIH, d’où la crainte qu’une éventuelle pénalisation de l'homosexualité ne rende plus difficile encore l'accès aux personnes concernées et, pour elles, l’accès aux soins et à la prévention du VIH comme des autres IST. Dans la sous-région, plusieurs pays permettent l'homosexualité, comme le Niger ou le Burkina. Au Sénégal, en Guinée ou en Mauritanie, elle est illégale. Sollicité par RFI, le ministère malien de la Justice n'a pas souhaité préciser son projet.