L'Onu obtempère aux oukases homophobes de certains Etats

3 Juin 2016
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Homophobes chez soi, homophobes dans les relations internationales. L’Egypte a ainsi réclamé que onze organisations non gouvernementales, surtout celles qui défendent les personnes LGBT, ne soient pas admises à la conférence onusienne sur le sida, en juin prochain, à New York. Cette demande a été faite dans une lettre envoyée au nom de 51 pays de l'Organisation de la coopération islamique (Oci). Et les Nations Unies ont obtempéré. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont critiqué le 17 mai, cette décision des Nations Unies. L'ambassadrice américaine Samantha Power a indiqué que les organisations non gouvernementales retirées de la liste des participants "semblent avoir été sélectionnées pour leur engagement au profit de la communauté LGBTI". Dans un courrier au président de l'Assemblée générale de l'Onu Mogens Lykketoft, elle a demandé que ces groupes — parmi lesquels l'organisation américaine Global action for trans equality — soient autorisés à prendre part à la réunion du 8 au 10 juin sur le VIH/sida, précise l’AFP. L'ambassadeur de l'Union européenne, Joao Vale de Almeida, a relevé que ces organisations avaient été retirées de la liste à la suite d'objections d'Etats membres, et a réclamé de connaître ces pays. La Coalition eurasienne sur la santé masculine, basée en Estonie et qui a été particulièrement active pour défendre les droits des homosexuels en Russie et d'autres ex-républiques soviétiques, fait également partie des organisations rejetées. L'ambassadeur européen a écrit dans un courrier, mi mai, que la modification de la liste initiale des délégations avait été effectuée sans consultation des Etats membres. Outre les organisations américaine et estonienne rejetées, l'Egypte a objecté à la présence du groupe kenyan Ishtar men who have sex with men, du Asia pacific transgender network de Thaïlande ou encore de la coalition African men for sexual health and rights qui rassemble 18 groupes LGBT d'Afrique. La liste égyptienne cite également des organisations d'Egypte, du Guyana, de Jamaïque, du Pérou, d'Ukraine. "Etant donné que les personnes transgenres ont 49 fois plus de probabilité de vivre avec le VIH que la population en général, leur exclusion d'une réunion à haut niveau [sur la lutte contre le sida, ndlr] ne fera qu'entraver les progrès mondiaux pour combattre l'épidémie de VIH/sida et l'objectif d'une génération exempte du sida", a fait valoir l’ambassadrice américaine. La réunion onusienne a pour but d'accélérer les mesures pour mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030… et donc, pour le moment, en écartant des associations de défense de certains groupes parmi les plus exposés aux risques.