L’Onusida craint pour les droits humains

4 Avril 2020
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Le 20 mars dernier, l'Onusida a publié un « nouveau guide qui s’inspire des leçons tirées de la riposte à l’épidémie du VIH », appelant « les pays à adopter une approche basée sur les droits de l’homme pour lutter contre l’épidémie mondiale de Covid-19 ». « Cette stratégie doit mettre l’accent sur les communautés et respecter les droits et la dignité de toute personne », explique l'institution onusienne. Le guide vise à aider les gouvernements, les communautés et d’autres acteurs à élaborer et mettre en place des mesures pour contenir la pandémie. Ce nouveau guide se fonde sur la législation et les obligations internationales en matière de droits humains. Il souligne un principe important : « la riposte à une épidémie ne consiste pas à trouver un équilibre entre la santé publique et les droits humains, mais elle nécessite que nous les respections pour réussir efficacement ». Ce document a été élaboré par un groupe d'expertes et d’experts internationaux issus de communautés, du domaine de la santé publique, du monde universitaire, ainsi que des Nations Unies. « Toute riposte réussie à une épidémie mondiale puise toujours ses racines dans le respect des droits humains et le leadership des communautés », a d'ailleurs rappelé Winnie Byanyima, la directrice exécutive de l’Onusida. « Les pays qui réussissent le mieux à réduire l’impact du VIH sont ceux qui ont adopté des stratégies encourageant les communautés à faire un dépistage ou un test et, le cas échéant, à se soigner, à se protéger et à protéger les autres de la contamination au virus. » Comme l’indique le guide, les épidémies ont tendance à « révéler et à exacerber les inégalités sociales existantes en se faisant souvent particulièrement sentir parmi les groupes marginalisés et vulnérables ». « Il faut supprimer les barrières financières et d’autre nature qui empêchent les personnes d’obtenir l’assistance médicale et les conseils nécessaires, que ce soit pour eux ou pour améliorer la santé publique au sens large ». Ce guide met aussi en garde contre les restrictions généralisées obligatoires des déplacements et les sanctions pénales envers les personnes touchées par une épidémie comme celle de COVID-19. « De telles mesures ont tendance à toucher de manière disproportionnée les groupes les plus vulnérables et à freiner davantage l'accès à la santé. Les restrictions imposées doivent respecter les droits humains et être nécessaires, raisonnables, étayées par des données probantes et pour une durée limitée. Encourager la population à se protéger et à protéger les autres par des mesures volontaires permet d'optimiser l'impact », note l'Onusida. « La situation est grave et difficile pour tout le monde, » a conclu Winnie Byanyima. « Pour la surmonter, nous devons puiser dans l’expérience précieuse tirée de ripostes à d’autres épidémies mondiales comme le VIH, mais aussi l'enraciner dans les droits humains, impliquer les communautés et n’oublier personne. »