L’Onusida défend les droits humains

29 Décembre 2019
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« Si nous n’avions pas revendiqué nos droits de l’homme et demandé sans cesse qu’ils forment un pilier de la riposte au sida, nous n’aurions pas aujourd’hui 24 millions de personnes sous traitement, ni 80 % des personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut sérologique », a récemment expliqué Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, mi-décembre. « L’épidémie de VIH se nourrit toujours des inégalités, de la stigmatisation, de la discrimination et de la violence. Les personnes sont davantage exposées à un risque d’infection et sont moins susceptibles de se faire dépister ou de suivre un traitement dans les régions où leurs droits sont bafoués. Aujourd’hui, 54 % des nouvelles infections dans le monde touchent les populations clés, ce chiffre monte à 75 % lorsque l’Afrique subsaharienne n’est pas prise en compte », a-t-elle rappelé. « Les femmes sont reléguées dans les populations clés par des formes croisées de discrimination et d’inégalités. Elles sont alors soumises à des vulnérabilités et des barrières qui leur sont propres. Nous savons, par exemple, que les consommatrices de drogue sont surreprésentées dans l’univers carcéral et sont plus susceptibles d’être porteuses du VIH que leurs homologues masculins, a indiqué Winnie Byanyima. Des lois pénales dressent des barrières dures et implacables aux travailleurs-euses du sexe, aux gays et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et aux personnes transgenres ou consommant de la drogue ». Dans son discours, la patronne de l’Onusida a rappelé qu’il était possible de corriger cet état de fait. «  Par exemple, décriminaliser le commerce du sexe réduit potentiellement de 33 % à 46 % les nouvelles infections parmi les travailleurs-euses du sexe et leurs partenaires sur dix ans ». De même, « de nouvelles données en Afrique subsaharienne prouvent que les gays et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et qui connaissent leur statut sérologique positif étaient trois fois plus nombreux dans les pays où la législation est plus clémente envers les personnes [LGBTQI+, ndlr]. Quant aux nations qui ont décriminalisé la consommation de drogue et fournissent des programmes de réduction des risques, elles ont vu les nouvelles infections au VIH chuter parmi les utilisateurs-trices. Nous n’avons plus besoin de nouvelles preuves, mais de leadership, de volontarisme politique et d’actions. La première obligation d’un pays envers les droits de l’homme est le « respect » », a-t-elle conclut.