Martin Hirsch souhaite "qu'on corrige les malfaçons du RSA"

7 Juin 2014
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L'initiateur du RSA, Martin Hirsch, aujourd'hui directeur de l'AP-HP, a estimé (30 mai) qu'il fallait corriger les "malfaçons" du RSA, selon lui imposées dès l'origine par crainte d'une trop grande demande. Le Revenu de solidarité active (RSA) a été créé le 1er juin 2009, alors que Martin Hirsch était Haut commissaire aux solidarités actives, dans le gouvernement de François Fillon. "Quand on l'a créé, la hantise de mes interlocuteurs — gouvernement et parlementaires — était : "Nous allons être débordés par la demande. Voilà pourquoi il faut mettre des verrous, voilà pourquoi il faut le rendre compliqué", a déclaré Martin Hirsch, interrogé par l'AFP. Du coup, quelque 35 % des personnes éligibles au RSA "socle" (versé aux personnes sans ressources) ne le demandent pas. Cette proportion atteint 68 % pour le RSA "activité" (qui sert de complément à un petit salaire), en raison notamment de la méconnaissance du dispositif et de sa complexité. "Les solutions sont assez simples à mettre en œuvre si on en a la volonté", a estimé Martin Hirsch. "Au lieu de faire une demande trimestrielle, les bénéficiaires du RSA activité pour lesquels les montants sont assez faibles — de l'ordre de quelques dizaines d'euros par mois — pourraient, par exemple, être autorisés à faire une seule demande annuelle". On pourrait aussi simplifier les formulaires de demande et le mode de calcul, afin de rendre le montant de la prestation plus prévisible pour les bénéficiaires. Martin Hirsch a également déploré qu'il y ait eu "une campagne d'information il y a cinq ans, et pas une seule depuis" concernant ce dispositif.