Médicaments : défauts de surveillance

7 Juin 2013
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Les effets indésirables des médicaments sont responsables d’au moins 18 000 décès chaque année en France, plus que les suicides et les accidents de la route réunis, a indiqué (27 mai) le docteur Bernard Bégaud, entendu comme témoin à Nanterre dans le procès du Mediator. "Il y a chaque année 18 000 morts directement liés à la prise de médicaments. Parmi eux, beaucoup de cas sont inévitables, mais un tiers de ces décès correspondent à des prescriptions qui ne sont pas justifiées", a estimé, au tribunal, le professeur, membre de la commission de pharmacovigilance de 1982 à 2000 et co-auteur d’une étude sur le sujet, comme le rapporte l’AFP. "La France est un pays qui depuis toujours surveille très mal l’usage de médicaments", a déploré Bernard Bégaud. Le médecin a notamment pointé du doigt la mauvaise formation des médecins en pharmacologie, la science des médicaments. "Les alertes sur les effets indésirables d’un médicament proviennent à 85% des hôpitaux et seulement à 15% des médecins libéraux", car ceux-ci sont mal formés en pharmacologie, a déploré le docteur Bégaud.