Médicaments : hausses de prix contre pénuries

15 Février 2023
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Pressions. Les firmes pharmaceutiques avancent souvent l’argument que des pénuries de médicaments seraient causées en France par les prix trop bas du marché français… qui dissuaderaient certains fabricants de produire plus. Face aux pénuries de médicaments, qui concernent notamment des antibiotiques largement prescrits, le gouvernement a annoncé, vendredi 3 février, qu’il allait autoriser des hausses de prix pour certains génériques essentiels, afin d’inciter les fabricants à poursuivre leur production. La France subit depuis des mois une pénurie de médicaments, dont la forme pédiatrique de l’antibiotique amoxicilline. Les ministères de la Santé et de l’Industrie ont décidé d’opérer des hausses de prix « en contrepartie d’engagements des industriels sur une sécurisation de l’approvisionnement du marché français ». Les ministères ont, par ailleurs, annoncé un moratoire sur les baisses de prix des génériques considérés comme stratégiques sur le plan industriel et sanitaire. Ces mesures étaient réclamées depuis plusieurs semaines par les fabricants de médicaments génériques, vent debout contre le budget de la sécurité sociale, qui jugent les prix trop bas en France pour leur permettre de continuer à vendre dans l’Hexagone, voire de maintenir leur production, explique l’AFP. Récemment, les industriels, mais aussi les principaux syndicats de pharmaciens, avaient boycotté des discussions au ministère de la Santé, portant justement sur de nouvelles baisses de prix. D’ici à la fin du mois de mai, une liste de médicaments stratégiques sera établie, a aussi précisé le gouvernement. L’Agence nationale de sécurité du médicament sera, en outre, chargée d’établir un plan de préparation des épidémies hivernales (sécurisation des stocks, amélioration de la mise à disposition des données). Enfin, sous trois mois, un « plan blanc médicaments » activable en cas de situation exceptionnelle sera préparé. Le ministre de la Santé, François Braun, a promis vendredi le « retour à une situation normale dans les deux semaines », lors d’une interview sur Europe 1.