Médicaments : pas de ruptures

7 Avril 2020
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Le Premier ministre Édouard Philippe a reconnu jeudi 3 avril des « tensions réelles » dans l'approvisionnement de certains médicaments en pleine épidémie de coronavirus et a assuré que l'exécutif se battait « heure après heure » pour faire en sorte de répondre à cette hausse « inouïe » de consommation, indique l'agence Reuters. « Comme cela se passe partout dans le monde et au même moment, la consommation des produits nécessaires à la réanimation explose dans des proportions jamais imaginées », a souligné le chef du gouvernement, interviewé sur TF1. « Il y a donc partout dans le monde des tensions très fortes sur l’approvisionnement pour un certain nombre de molécules et de médicaments ». Un certain nombre des molécules indispensables aux soins de réanimation « est en stock suffisant soit dans les hôpitaux soit chez les industriels » et « nous allons pouvoir faire face dans la durée aux besoins et à la consommation », a estimé le Premier ministre. « Pour d’autres de ces molécules, les stocks sont plus limités, et donc les tensions et les inquiétudes des soignants sont réelles », a-t-il ajouté. « Nous nous battons heure après heure pour faire en sorte de répondre à l’augmentation inouïe et jamais constatée de cette consommation ». Du côté des instances européennes, on explique que tout sera fait pour éviter une pénurie de médicaments. Les pays de l’Union européenne auront accès aux médicaments nécessaires à la prise en charge des patients-es les plus sévèrement touchés-es par le coronavirus, a déclaré, jeudi 3 avril, le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Thierry Breton, ajoutant que l’industrie pharmaceutique accentuait d'ores et déjà sa production. En Italie, en Espagne, en France et dans d’autre pays européens, la pandémie de coronavirus exerce une tension énorme sur les hôpitaux dont les unités de réanimation et de soins d’urgence sont saturées par l’afflux de malades. Dans une lettre ouverte publiée le 3 avril dernier, des responsables hospitaliers et médecins de neuf pays européens ont alerté sur le fait qu’il ne leur restait plus que deux semaines de stock de certains médicaments très utilisés en ce moment. Afin de pallier les éventuelles ruptures, ils ont réclamé une plus forte collaboration européenne. « Nous avons anticipé qu’il risquait d’y avoir de la tension sur un certain nombre de médicaments et notamment tous ceux qui sont associés aux patients qui sont en réanimation », a répondu Thierry Breton, interrogé sur France Inter, évoquant notamment les curares et les sédatifs. « Donc on a convoqué l’ensemble des industriels et ils redoublent aujourd’hui de production », a-t-il ajouté. « Je pense qu’on va pouvoir faire face », a-t-il conclu. De nombreux pays dépendent de la Chine pour se procurer les composants entrant dans la chaîne de fabrication des médicaments (40 % en France). Des médecins français ont souligné que les stocks de morphine et d’antibiotiques étaient très bas. Des spécialités comme le propofol, anesthésiant produit par le laboratoire pharmaceutique allemand Fresenius, ou le curare fabriqué par Pfizer font l'objet de tensions d'approvisionnement.