Médicaments : que consomme-t-on ?

13 Juin 2021
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Depuis le début du premier confinement en mars 2020, le groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-phare (ANSM et Cnam) réalise, à partir des données du Système national des données de santé (SNDS), le suivi de la consommation des médicaments sur ordonnance délivrés en ville. Le  27 mai, il a publié son sixième rapport qui couvre la période du 16 mars 2020 au 25 avril 2021. Le rapport porte sur 4 milliards de lignes de prescriptions remboursées par l’assurance maladie à 51,6 millions d’assurés-es du régime général de la Sécu. On note une hausse nette de la délivrance de traitements antidiabétiques et cardiovasculaires (notamment les statines). Début 2021, le nombre de traitements prescrits et délivrés d’antidiabétiques et de statines (traitement des troubles lipidiques et en prévention cardiovasculaire) a augmenté pour atteindre + 5 % fin avril. Cette augmentation concerne tout particulièrement les instaurations de traitement chez des personnes qui n’étaient pas traitées auparavant : ainsi, on observe depuis ce début d’année une hausse marquée par rapport à l’attendu des instaurations notamment pour les antihypertenseurs +69 000 (+14,7 %), les antidiabétiques +15 000 (+11 %) et les statines +61 000 (+24 %). Le rapport avance comme explication à ces « augmentations marquantes », les « effets délétères sur la santé de la baisse contrainte de l’activité physique imposée par la succession des différentes mesures de restrictions nécessaires au niveau national pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Autre constatation, une accentuation de l’augmentation des délivrances de médicaments antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques et hypnotiques déjà constatée en 2020. La tendance forte de l’augmentation d’utilisation de ces trois classes de médicaments (anxiolytiques, hypnotiques et antidépresseurs) s’est encore amplifiée en 2021 avec des hausses des délivrances de +5 % à 13 % selon les médicaments, et des hausses d’instaurations de +15 % à +26 % par rapport à l’attendu. « Au global, sur la période de plus d’un an depuis le début du premier confinement, entre mars 2020 à avril 2021, on observe une augmentation de +1,9 million de délivrances d’antidépresseurs, +440 000 délivrances d’antipsychotiques, +3,4 millions de délivrances d’anxiolytiques et +1,4 million de délivrances d’hypnotiques par rapport à l’attendu », explique le rapport d’Epi-Phare. La délivrance de médicaments de la dépendance à l’alcool a été globalement stable en 2020, mais en hausse marquée depuis le début de l’année 2021 (+18 300 délivrances entre janvier et avril 2021). La baisse spectaculaire de la prescription de l’antibiothérapie qui s’est poursuivie en 2021 (-4,7 millions de traitements en 2021 (-24,8 %) en lien avec la diminution de la circulation des virus (hors Sars-CoV-2) et autres agents infectieux consécutive à la distanciation sociale et au port du masque.