Médocs : des stocks contre les pénuries

9 Septembre 2021
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Réagir, enfin ! Les laboratoires pharmaceutiques français doivent désormais constituer un stock de sécurité minimal de deux mois pour tous les médicaments dits d’intérêt thérapeutique majeur, et ceci afin d’éviter les pénuries, a indiqué (3 septembre) l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). La mesure, qui avait été entérinée par un décret paru fin mars, est officiellement entrée en vigueur le 1er septembre dernier. Les fabricants de médicaments ont maintenant l’obligation de constituer un stock de sécurité minimal de deux mois pour tous les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) destinés aux patients-es français-es. Ces médicaments (MITM) sont ceux pour lesquels une interruption de traitement peut mettre en danger la vie de la personne qui les prend à court ou moyen terme. « C’est une avancée majeure pour les patients-es car c’est la première fois qu’une législation dans l’Union européenne impose deux mois de stock, cela va permettre de pouvoir anticiper les risques de ruptures », s’est félicitée Carole Le Saulnier, directrice des affaires juridiques et réglementaires de l’ANSM, auprès de l’AFP. Il était temps qu’une telle mesure soit prise car les tensions d’approvisionnement et les cas de ruptures de stocks des médicaments se sont amplifiés ces dernières années. En 2020, l’ANSM a enregistré 2 446 signalements de ruptures de stock et de risque de ruptures contre 1 504 signalements en 2019. C’est six fois plus qu’il y a quatre ans, rappelle l’AFP. Toutes les classes de médicaments sont concernées par ces signalements, notamment les médicaments cardio-vasculaires (comme des sartans), les médicaments du système nerveux (comme le diazepam), les anti-infectieux (comme l’amoxicilline) et même des anti-cancéreux. Plusieurs facteurs expliquent les pénuries : des difficultés survenues lors de la fabrication des matières premières ou des produits finis, des défauts de qualité sur les médicaments, une capacité de production insuffisante (une unique usine pour certaines spécialités, par exemple), de la revente à l’étranger (même si cette pratique est réglementée, etc. Pour certains médicaments ayant fait l’objet de ruptures ou de risques de ruptures de stock réguliers dans les deux dernières années, les stocks pourront être portés à quatre mois après décision de l’ANSM, mais cela restera l’exception. De nombreux-ses acteurs-rices (dont les associations de santé) avaient demandé lors du dernier projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) que la durée de stockage de sécurité soit de quatre mois, mais un intense lobby des labos avait conduit l’actuelle majorité à retenir la période de deux mois, plutôt que celle de quatre. À l’inverse, dans des cas strictement limités par le décret (comme une durée de conservation incompatible avec la constitution d’un stock de sécurité de deux mois), le stock pourra être abaissé à moins de deux mois. Il faudra dans ces cas-là soumettre une demande de dérogation. Des sanctions financières seront infligées aux laboratoires qui contreviendraient aux nouvelles dispositions, a précisé l’ANSM à l’AFP. La ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a salué l’entrée en vigueur de la mesure, rappelant qu’elle résultait d’un travail commencé « depuis trois ans ». « C’est Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, qui avait commandé un rapport sur les pénuries de médicaments et des recommandations, et c’est Olivier Véran, alors rapporteur du projet de loi de finance de sécurité sociale, qui avait travaillé sur ce dispositif de stock minimal sur des produits pouvant être en rupture », avait rappelé la ministre interviewée sur Sud Radio. « Le deuxième étage de la fusée, c’est d’augmenter les productions de médicaments en France », a ajouté Agnès Pannier-Runacher. « Entre 2005 et 2015, la part de marché des productions de médicaments françaises au plan mondial a été divisée par deux », a reconnu la ministre. « Avec le plan de relance, nous finançons plus d’une centaine de relocalisations de chaines de production. On a beaucoup parlé du paracétamol mais il y a d’autres productions : médicaments, vaccins, dispositifs médicaux, qui vont être réimplantés en France », a-t-elle indiqué.

Commentaires

Portrait de Thierry

Ce soir fr2 proposait justement un interessant "COMPLEMENT D'ENQUETE" sur ce probleme recurrent,  impactant aussi bien les maladies de Parkinson,Alzheimer, cancers de la vessie, et autres joyeusetés;

Je ne peux que vous proposer de visionner en replay le reportage ou l'on evoque l'abandon de productions de produits, pour une orientation vers le pourcentage benefice /profit au detriment du besoin du patient, par certains gros  labos.

Il est regrettable que ce soit a des heures tardives que des informations concernant la façon  dont les" penuries" de medicaments sont generées.

Regrettable de decouvrir aussi que des basiques comme l'Amoxycilline, (courrement utilisés dans tous les services hospitaliers) puissent etre en ruptures, que des stocks de medicaments  d'hopitaux sont soumis a l'approvisionnement par un seul fournisseur( ceci est expliqué dans le docu avec l'exemple du chu de Toulouse.....)

Bon visonnage  pour celles et ceux qui seront tentés par cette proposition .........Amicalement ThryInnocent