Médocs : l’effet Covid-19

23 Octobre 2020
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Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-phare, constitué par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance maladie, publie régulièrement les résultats d’une étude de pharmaco-épidémiologie portant sur la dispensation sur ordonnance en pharmacie d’officine de médicaments remboursés pendant le confinement et jusqu’en septembre 2020. Trois études ont été publiées (21 avril, 4 mai et 12 juin) ; la quatrième (19 octobre) vient de sortir. Réalisée à partir des données du Système national des données de santé (SNDS), cette étude permet de caractériser les comportements de consommation de la population vis-à-vis des médicaments prescrits en ville, qu’ils soient en lien ou non avec la Covid-19. En se fondant sur l’analyse de 725 millions d’ordonnances, elle compare, pour 58 classes thérapeutiques, le nombre de personnes ayant eu une délivrance de médicaments remboursés en pharmacie chaque semaine depuis mars 2020 au nombre « attendu » estimé sur la base de la même période en 2018 et 2019. Ces données ont permis de mieux comprendre ce qui se passait en matière de prescription de Prep, par exemple. Les données ont d’ailleurs été présentées lors du 21e congrès de la SFLS. Si la consommation de médicaments en ville a été « profondément perturbée » par l’épidémie de Covid-19. Les résultats montrent « qu’il n’y a pas eu de problème notable d’accès aux traitement des pathologies chroniques déjà prises en charge », grâce notamment à la téléconsultation et à la possibilité d’utiliser d’anciennes ordonnances pour la délivrance des médicaments. Sur ces 6 derniers mois, plusieurs exceptions sont toutefois à prendre en compte : les statines (-300 000 traitements) et les anticoagulants (-230 000 traitements), probablement en lien avec le report de nombreuses interventions chirurgicales nécessitant ce type de traitement. Un communiqué indique une « forte baisse de l’instauration de traitements pour de nouveaux patients pendant le confinement, et malgré une reprise en post-confinement, un déficit global des instaurations est observé sur l’ensemble de la période de mars à septembre ». « La très forte diminution de la délivrance de produits nécessitant une administration par un professionnel de santé, déjà rapportée pendant et à la sortie du confinement, s’est poursuivie jusqu’en septembre. Cette baisse concerne notamment les vaccins (…) vaccins anti-HPV (-150 000 doses) (…). L’étude « dénombre près de quatre millions de délivrances en moins d'antibiotiques par rapport à 2019, bien que la situation se soit normalisée progressivement après le confinement ». À l’inverse, une utilisation plus importante de certaines classes thérapeutiques, déjà observée en fin de confinement, s’est poursuivie durant les mois qui ont suivi, en particulier les hypnotiques  (+480 000 traitements) et les anxiolytiques  (+1,1 million de traitements). « Comme plusieurs enquêtes le soulignent, le confinement et ses conséquences sociales, professionnelles et économiques ont pu engendrer des troubles du sommeil et de l’anxiété. Les antidépresseurs ne sont pas concernés par cette hausse à l’issue immédiate de la période de confinement ».