Méthadone, c'est Niet !

14 Février 2012
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Les Services fédéraux russes de la répression des drogues (FSKN) ont ordonné, (3 février), la fermeture d'un site internet consacré à l'information et à la promotion des traitements à la méthadone. Cette décision, condamnée par l'ensemble des organismes sanitaires internationaux et des associations de défense des droits de l'Homme, s'appuie sur la législation russe qui persiste à assimiler les traitements de substitution à l'héroïne aux drogues illicites. L'interdiction de l'usage s'étend à l'information et à la promotion de la méthadone, sans autre distinction.
L'Onusida estime à environ 1,8 million le nombre d'usagers de drogues injectables en Russie, et au moins à 980 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH. Dans un contexte épidémiologique en pleine expansion qui enregistre le taux record annuel des nouvelles contaminations en Europe. Parallèlement, les autorités s'acharnent à refuser aux utilisateurs de drogues injectables l'accès à un matériel propre, lorsque dans certaines régions le taux de prévalence relève à 80% de ce mode de transmission.
Ces mesures ont pourtant pu être mises en œuvre dans de nombreux pays à travers le monde, afin de contenir efficacement l’épidémie VIH/VHC. En toute absence logique de prévention, le gouvernement préconise pour toute recommandation sanitaire une abstinence totale des drogues, à l'instar de sa gestion de l'alcoolisme dont les ravages ont fait chuter la durée de l'espérance de vie moyenne des hommes russes de 64 ans dans les années 1960, à 58 ans en 2009.
Il faut aussi et peut-être surtout considérer la fermeture de ce site comme une mesure de représailles à destination de la Fondation Andrey Rylkov qui l'hébergeait, et dont les critiques répétées contre le pouvoir étaient jugées inacceptables à un mois de l'élection présidentielle (4 mars 2012).