#MeToo a cinq ans

6 Octobre 2022
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Il y a cinq ans déjà, des centaines de milliers de femmes dans le monde partageaient le hashtag : #MeToo, pour dénoncer des violences sexuelles et sexistes. Ce mouvement a provoqué un séisme dont les secousses continuent de résonner mais il reste un long chemin à parcourir pour éradiquer ces comportements. Le 15 octobre 2017, l'actrice américaine Alyssa Milano publie un message invitant les femmes victimes de harcèlement sexuel à témoigner sur Twitter en utilisant le hashtag « #MeToo ». Elle sort de l'oubli ce mot-clé (créé en 2006) quelques jours après la publication dans la presse américaine de deux enquêtes explosives sur les agressions et les viols commis par le producteur de cinéma Harvey Weinstein, en toute impunité pendant des années.  C'est un tsunami mondial : les témoignages envahissent le réseau social en quelques jours. Des manifestations s'organisent dans différents pays. « L'ampleur du mouvement est extraordinaire », relève, auprès de l'AFP, Florence Rochefort, chercheuse au Centre national français de la recherche scientifique (CNRS), spécialiste de l'histoire des féminismes. Elle considère ce moment comme « historique », tant il a permis de « rendre visible l'étendue de ces violences ». « Nous sommes cependant loin d'avoir mis en place des solutions » pour remédier à la situation, estime-t-elle. De plus, dès son apparition et encore aujourd'hui, ce mouvement suscite également de vives discussions et critiques, notamment parmi certains hommes, qui le considèrent parfois comme exagéré.  Commentaires déplacés au travail, agressions sexuelles dans les transports ou en soirée : « #MeToo a montré la quotidienneté de ces violences sexuelles et sexistes, leur caractère banal », explique à l'AFP Sandrine Ricci, sociologue spécialiste du sujet, de l'université du Québec à Montréal. « Le mouvement a permis aux gens, notamment aux victimes avérées ou potentielles, de mieux saisir de quoi il s'agit ».  Mais des « préjugés persistent » et la société a tendance encore à « déresponsabiliser les agresseurs, surtout quand ils sont en position de pouvoir », observe-t-elle. La réponse des gouvernements demeure insuffisante, dénoncent toutefois des associations et des militantes féministes, qui réclament de renforcer l'arsenal judiciaire.  Dans ce contexte, des mouvements de contestation et de dénonciations se poursuivent sur les réseaux sociaux, comme #MeTooInceste ou #MeTooGay en France. Depuis 2017, #MeToo connaît de nombreuses déclinaisons pour dénoncer des violences sexuelles et sexistes dans différents milieux, dans un élan qui semble ne pas retomber.