Migrants : infléchir socialement sur l'épidémie

19 Juillet 2015
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Récemment "Les Echos" publiaient un texte particulièrement intéressant, bousculant certaines vieilles lunes des opposants à une amélioration de la protection sociale des étrangers en situation irrégulière. Ce texte porte sur une étude menée par des chercheurs (1) qui préconisent, au vu des résultats de leurs travaux, de faire "évoluer la protection sociale des étrangers en situation irrégulière vers le dispositif de droit commun", ce qui permettrait "un meilleur contrôle de l’épidémie de VIH dans la population migrante en France, tout en générant des économies pour la collectivité. En 2012, 46 % des 6 400 personnes nouvellement identifiées comme séropositives au VIH en France étaient issues de la population migrante au regard du critère du pays de naissance. Au moins un tiers de ces migrants séropositifs se sont infectés en France, après leur migration. Les autres se sont infectés dans leur pays d’origine, mais ignoraient très majoritairement leur infection au moment de la migration et ne l’ont découverte qu’après un temps plus ou moins long passé en France", expliquent les auteurs. Ces derniers notent que cette "population fait face à des obstacles administratifs en termes d’accès aux soins médicaux qui se traduisent notamment par un délai important entre l’infection par le VIH, son diagnostic et sa prise en charge sociale et médicale". Ils ont une "étude permettant d’évaluer le caractère coût-efficace d’une prise en charge plus précoce des migrants vivant avec le VIH en France, en prenant en compte l’effet positif des traitements antirétroviraux sur la prévention du VIH. Le modèle utilisé compare deux stratégies de prise en charge, précoce ou tardive, selon le délai écoulé depuis l’infection. L’analyse montre qu’au-delà du bénéfice individuel pour les patients traités, la prise en charge précoce est pertinente d’un point de vue économique et de santé publique". Les chercheurs estiment que leurs "résultats soulignent l’importance de renforcer la lutte contre l’épidémie de VIH en France : lever les obstacles administratifs à l’accès aux soins médicaux de la population migrante en France, en faisant évoluer la protection sociale des étrangers vers le dispositif de droit commun, doit constituer l’un des outils de cette lutte".

(1) : Marlène Guillon et Pierre-Yves Geoffard de PSE-Ecole d’économie de Paris, et Michel Celse, conseiller expert auprès du Conseil national du sida (CNS).

Commentaires

Portrait de barberousse

"En 2012, 46 % des 6 400 personnes nouvellement identifiées comme séropositives au VIH en France étaient issues de la population migrante au regard du critère du pays de naissance"

 

Il y a un amalgame dans la définition du mot migrant et étranger.

 

En effet, à la lecture de l'article, le terme migrant désigne aussi bien les français nés à l'étranger que les demandeurs d'asile et sans papiers.

Or la nuance est de taille !

Quand on est français, même si d'origine étrangère, on devrait accéder à un dispositif de droit commun, normalement ?!

 

Je pense, sincèrement, qu'on derait revoir le critère du pays de naissance.

Ainsi, un résident des DOM/TOM, bien que français depuis des lustres, sera considéré comme Migrant? Un antillais est il français? hum...délicatesseInnocent

 

 http://www.toupie.org/Biais/index.html

 

Portrait de frabro

Un français né à l'étranger n'est ni un migrant ni un étranger, c'est un français./

Il est indéniable que la prise en charge rapide des migrants contaminés au vih est plus que nécessaire pour elles mêmes comme pour limiter l'épidémie.

De là à dire qu'il ne faut plus faire de différence et donner accès à tous les étrangers à tous les dispositifs de droit commun en matière de prise en charge, comme le dit cet article, il y a de la marge !