Migrations : les ONG appellent à agir

26 Décembre 2018
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Le Pacte mondial sur les migrations des Nations Unies adopté mi-décembre (et objet d’une forte opposition de la droite et de l’extrême droite en France), défenseurs des droits de l'Homme et organisations non gouvernementales appellent les pays signataires à mettre réellement en œuvre leurs engagements, au-delà des seuls discours officiels, en plaidant pour un traitement plus humain des migrants-es. « La migration n'est pas un crime, sauver des vies n'est pas un crime, en tant que représentants-es gouvernementaux, vous pouvez et vous devez agir... S'il vous plait, ne lâchez pas, vous qui êtes venus adopter le Pacte", a lancé (11 décembre) la présidente de Médecins sans frontières (MSF), Joanne Liu, à l'occasion de la conférence de Marrakech. Un total de 165 - sur 193 - pays membres ont adopté (10 décembre) par proclamation le texte non contraignant destiné à renforcer la coopération internationale pour une « migration sûre, ordonnée et régulière ». Les orateurs ont poursuivi (11 décembre) leurs plaidoyers en faveur du Pacte qui a suscité dans plusieurs pays une opposition virulente des souverainistes, des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières, rappelle l’AFP. Le Pacte recense des principes - défense des droits de l'Homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale - et liste 23 propositions pour mieux gérer la migration, comme l'échange d'informations et d'expertises, ou l'intégration des migrants-es. Il préconise d'interdire les détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé. En France, on trouvera un exemple édifiant de l’opposition à cette initiative avec la tribune de Laurent Wauquiez, président des Républicains, publiée sur le site Figarovox (12 décembre). A l’opposé, les défenseurs des droits de l'Homme le soutiennent, mais regrettent son caractère non contraignant et le trouvent insuffisant sur plusieurs points : droits des migrants-es, accès à l'aide humanitaire et aux services de base, statut juridique, etc. « La société civile va surveiller ce qui se passe et demandera des comptes », a souligné l'organisation non gouvernementale Oxfam tout en saluant ce « moment historique ». La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme Michelle Bachelet a reconnu, lors d'une cérémonie officielle dédiée au 70e anniversaire de la Déclaration des droits de l'Homme, que « les États n'ont pas toujours tenu les engagements qu'ils ont pris il y a 70 ans » tout en insistant sur les progrès accomplis. En ce qui concerne la migration, « on parle d'un pacte contraignant ou non contraignant... Mais il y a maldonne : il ne s'agit pas de politique intérieure mais de dignité de l'être humain », s'inquiète Francesco Rocca, président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).  La place accordée aux militants-es et aux acteurs-trices de terrain est restée très limitée à Marrakech, même si la fondatrice de One Child, une association centrée sur les mineurs-es migrants, a été invitée à prendre la parole à l'ouverture officielle des débats. "La migration peut être bien entendu une expérience sûre et positive... Mais que dire des 30 millions de mineurs-es qui sont obligés de partir de chez eux à cause de violences et des conflits?", a lancé Cheryl Perera de One Child. Le Pacte doit encore faire l'objet d'un ultime vote de ratification, le 19 décembre à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York.  Une quinzaine de pays ont fait part de leur retrait ou du gel de leur décision, après avoir approuvé le texte le 13 juillet à New York (Autriche, Australie, Bulgarie, Chili, Estonie, Hongrie, Italie, République tchèque, République dominicaine, Lettonie, Pologne, Slovaquie, Slovénie et Suisse). Les États-Unis avaient quitté le processus en décembre 2017 sous l'impulsion de Donald Trump.