Mortalité: les bienfaits des traitements

11 Juillet 2008
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Le risque de mourir est désormais le même chez les personnes atteintes par le VIH que dans la population générale depuis l'arrivée des multithérapies, en 1996. Tels sont les résultats d'une large étude européenne publiée en juillet par le Journal of the American Medical Associations qui montre que 5 ans après le diagnostic, les taux de mortalité sont similaires parmi les personnes vivant avec le VIH qu'en population générale. Le risque décès reste cependant accru à plus long terme.

 


Au total 16 534 personnes contaminées par le VIH entre 1980 et 2006, lors de rapports homosexuels (57%), hétérosexuels (24%) ou par usage de drogues (18%), ont été enrôlées dans la cohorte européenne Cascade dont l'objectif était de comparer les taux de mortalité enregistrés chez les personnes séropositives à ceux de la population générale du même âge.

 

Fin 2006, 2 571 décès avaient été enregistrés chez les personnes atteintes par le VIH, contre 235 estimés chez les personnes séronégatives du même âge. De 41 pour 1 000 patients-années avant 1996, ce taux de mortalité a cependant significativement décru pendant la période d'observation pour tomber à 6 pour 1000 patients-années en 2004-2006, date à laquelle la surmortalité enregistrée chez les séropositifs n'était plus que de 0,09% par rapport aux séronégatifs du même âge. En 2004-2006, la surmortalité enregistrée chez les personnes atteintes avait ainsi diminué de 94% par rapport aux niveaux enregistrés avant l'arrivée de thérapies antirétrovirales efficaces, en1996.

 


Mais plus la contamination par le VIH est ancienne, plus les risques de décès augmentent au fil du temps. Au bout de 10 ans d'infection, la surmortalité atteint ainsi 4,8% chez les 15-24 ans contaminés par le VIH par rapport aux taux de décès enregistrés dans la même classe d'âge en population générale.

Une surmortalité à long terme qui pourrait être liée aux problèmes de toxicité, de résistance et d'adhérence au traitement qui apparaissent avec le temps, dont pourraient à terme être victimes les personnes contaminées plus récemment…