Naloxone en spray : plus de stock

11 Janvier 2021
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En France, le nombre de décès dus aux consommations d’opioïdes (présents, entre autres, dans l’héroïne, le tramadol ou la codéine) s’élève à environ 400 par an. Un chiffre tragique qui démontre l’inefficacité des politiques répressives en matière de drogues et l’inaccessibilité des outils disponibles pour pallier les décès par overdose. C’est le cas de la naloxone, véritable outil de réduction des risques, dont l’efficacité est reconnue depuis des décennies, la naloxone permet de neutraliser les effets d’une surdose d’opioïdes et donc de sauver des vies. Le traitement était jusqu’à présent accessible à l’hôpital, dans les Caarud (centres d’accompagnements à la réduction des risques pour les usagers-ères de drogues) et Csapa (centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) sous deux formes : par voie injectable en intramusculaire ou par spray nasal. Le laboratoire pharmaceutique Invidor, qui produit la naloxone en spray nasal - sous le nom commercial de Nalscue – a pris en 2019 la décision de stopper la commercialisation du spray en France. Les derniers stocks sont arrivés à péremption en décembre 2020 et les dates de péremption du spray actuellement disponible ne pourront pas être officiellement reportées. Un nouveau spray nasal, le Nyxoid, sera certes mis sur le marché à l’automne 2021, mais entre janvier 2021 et septembre 2021, les personnes usagères de drogues ainsi que toutes les personnes à risque de surdose aux opioïdes en France seront privées de naloxone en spray nasal. Actuellement, il n’y a donc plus qu’une seule possibilité : le Prenoxad, qui s’utilise par voie intramusculaire pour faire face aux surdoses. « Ce mode d’administration, plus difficile à utiliser pour certains-es, peut également générer une réticence chez d’autres, les exposant davantage encore aux risques de surdoses. Nous regrettons fortement qu’aucune décision n’ait permis d’accélérer la mise sur le marché de ce nouveau spray, essentiel pour compléter la palette des outils de réduction des risques », note l’association AIDES. À la mi-novembre 2020, AIDES et six-autres organisations membres du Collectif pour une Nouvelle Politique des Drogues (CNPD), ont sollicité des réponses auprès du ministère de la Santé. Cette sollicitation est restée lettre morte. Face à l’inaction de l’État pour assurer un accès effectif immédiat à la naloxone en spray, le CNPD reste mobilisé et envisage des importations parallèles de naloxone en France.