Nash : de l’importance des macrophages

6 Août 2020
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Caractérisée par une accumulation de graisses dans le foie associée à une inflammation, la stéatohépatite non alcoolique (dite aussi Nash, pour non-alcoholic steatohepatitis) peut évoluer vers une fibrose (remplacement de tissus sains par des tissus cicatriciels), puis une cirrhose, elle-même facteur de risque de cancer. Une équipe de chercheurs-ses parisienne vient d’identifier un nouveau mécanisme impliqué dans cette progression de la maladie, cette dernière « altère le stock de macrophages [cellules du système immunitaire chargées d’absorber et de digérer les corps étrangers. Elles sont présentes dans tous les tissus et tous les organes, ndlr], qui ont un rôle protecteur pour la fonction hépatique », rappelle l’Inserm. La Nash est une maladie chronique qui concernerait plus de 200 000 personnes en France. Mais tout le monde n’est pas d’accord sur les chiffres. Des données présentées par les équipes du Professeur Lawrence Serfaty, chef du service hépatologie de l'hôpital de Strasbourg, avançaient que près de 7,8 millions de Français-es seraient atteints-es de la « maladie du foie gras », soit 18,2 %. Le chiffre de 200 000 concernerait les personnes à un stade avancé de la maladie. À l’occasion de la troisième édition de la Journée mondiale de lutte contre la Nash, le 12 juin 2020, SOS hépatites et maladies du foie et le Cnao rappelaient qu’en France : plus de sept millions personnes auraient une stéatose métabolique selon les données de la Cohorte Constance de l’Inserm. La Nash correspond à une accumulation de graisses dans le foie (stéatose) associée à une inflammation de l’organe (hépatite). Elle n’est pas liée à une consommation excessive d'alcool. Elle est plus fréquente chez les personnes atteintes d’obésité et/ou de diabète de type 2. Une équipe de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), dirigée par Emmanuel Gautier (Unité 1166 Inserm/Sorbonne Université), a voulu savoir quel était l’impact de la Nash sur les macrophages du foie, en menant des essais sur le modèle animal (souris). Les macrophages jouent un rôle fondamental dans l’immunité : ils phagocytent et éliminent des agents infectieux, rappelle l’Inserm. Des stocks de macrophages sont présents dans chaque tissu et organe. Ces cellules du système immunitaire établissent des contacts étroits avec leur environnement et occupent des rôles importants pour le bon fonctionnement du tissu ou de l’organe en question. Des macrophages sont présents dans le foie. « Si leur rôle n’est pas parfaitement élucidé, ils semblent tout au moins impliqués dans la protection du foie contre les agents infectieux et pourraient également moduler le métabolisme des lipides », explique l’agence de recherche. Au terme d’un processus complexe, il apparaît que la Nash a un impact particulier sur les macrophages du foie (cellules de Kupffer), notamment en perturbant leur renouvellement, ce qui amoindrit les capacités du foie à se défendre. Une nouvelle étape est envisagée pour vérifier si le mécanisme à l’œuvre chez la souris s’applique aussi chez l’humain. À partir de là, les chercheurs-ses espèrent identifier « des cibles thérapeutiques » pour traiter cette maladie.

Source : S Tran et coll. Impaired Kupffer cell self-renewal alters the liver response to lipid overload during non-alcoholic steatohepatitis. Immunity, édition en ligne du 19 juin 2020. doi : 10.1016/j.immuni.2020.06.003