Nash : un symposium et des chiffres

18 Juillet 2017
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Les spécialistes observent une recrudescence des cirrhoses et des cancers du foie chez des personnes qui ne boivent pas d’alcool et qui n'ont pas contracté d'hépatite virale. Ce phénomène est lié à une augmentation des cas d’obésité et de diabète. Il y a quelques jours, s’est tenu à l'Institut Pasteur à Paris la troisième édition d’un symposium sur le Nash (la stéatohépatite non alcoolique). Dans un communiqué, les organisateurs de ce symposium ont rappelé que la "stéatose simple se caractérise par une surcharge de triglycérides dans le foie", autrement dit le foie est gras. La Nash, ou stéato-hépatite non alcoolique, est une affection en rapport avec l'accumulation de graisse dans le foie associée à une inflammation des lésions du foie chez des personnes en surpoids qui consomment peu ou pas de boissons alcoolisées. La Nash est susceptible d'évoluer vers la cirrhose et le cancer du foie. Cette maladie est réversible, ce qui n’est pas le cas de la cirrhose d’où l’intérêt d’une prise en charge précoce. Comme l’ont précisé les organisateurs de cet événement : aux Etats-Unis, la Nash est devenue la seconde indication pour la greffe du foie et en Angleterre la première cause de cancer du foie, avant l'alcool et les hépatites virales". En France, pas encore de chiffres précis, mais des "projections" qui suggèrent que la stéatose simple pourrait toucher plus de 14 millions de personnes dont plus de 900 000 avec une Nash, 135 000 avec une cirrhose et 1 760 avec un cancer du foie. Et tout cela avec un coût total (direct et indirect) estimé à plus de 11 milliards d'euros. Des estimations pour frapper les esprits. Dans leur communiqué, les organisateurs ont indiqué que "plusieurs projets d'études en population générale doivent permettre d'évaluer (…) la prévalence et la gravité de la maladie en France". Il existe un test simple non invasif de dépistage de la Nash qui combine différents paramètres biologiques courant : âge, sexe, AST (transaminases), gamma GT (des enzymes), plaquettes, prothrombine. Lorsque le test est positif, un test diagnostique plus complexe et plus performant est réalisé pour décider si la personne doit être suivie par un spécialiste hépato-gastroentérologue. Cet outil diagnostique pourrait permettre d’identifier plus précocement les personnes concernées.