Nouvelle liste de médicaments à éviter

11 Février 2019
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La revue Prescrire a dévoilé, fin janvier, sa liste actualisée de près d'une centaine de médicaments qu’elle estime « plus dangereux qu'utiles » ; médicaments dont elle recommande d’éviter en raison des risques sanitaires « disproportionnés » qu'ils font courir aux personnes qui les utilisent. Cette année, la revue médicale a ajouté des produits comme le Décontractyl (un médicament utilisé pour soulager les douleurs des contractures musculaires) et des médicaments contre la toux. Le Décontractyl (comprimés ou baume) est mis en cause du fait d’effets indésirables liés au principe actif du traitement : la méphénésine. Le produit peut provoquer des somnolences, des nausées, des vomissements, des réactions allergiques graves et abus et dépendances (effets psychotropes). La pommade expose à des atteintes cutanées graves. Pour la revue, cela fait beaucoup pour un produit contre les douleurs des contractures musculaires. Sont aussi visés cette année des traitements antitussifs à base d'oxomémazine, une molécule qui regroupe de nombreux produits (Toplexil, Humex…). Prescrire avance que cette molécule a des propriétés neuroleptiques, expose également à des « effets indésirables disproportionnés ». La liste 2019, qui recense 93 médicaments (dont 82 vendus en France) à ne pas utiliser, à défaut de les voir retirer du marché, a été établie sur la base des analyses publiées dans la revue durant neuf ans, de 2010 à 2018, explique Prescrire. Le registre des traitements critiqués est vaste et concerne des maladies diverses : cancer, diabète, arthrose, allergies, maladies de peau, Alzheimer, troubles de la sexualité, arrêt du tabac, etc. On trouve des médicaments nécessitant une prescription et des médicaments en vente libre. Les médicaments en cause sont nouveaux ou anciens, dépassés, voire pas plus performants qu'un placebo. Trois médicaments de la liste 2018 ont été retirés de ce bilan actualisé, à savoir un antibiotique retiré du marché mondial (Ketek), et deux autres en raison de nouvelles données qui sont en cours d'analyse par Prescrire : Uptravi pour une maladie rare et l'anticancéreux olaparib/Lynparza. Par ailleurs, la revue indépendante rappelle que des médicaments contre le rhume comme les vasoconstricteurs décongestionnant par voies orale ou nasale (l'éphédrine, la naphazoline, l'oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine qui est contenue dans une dizaine de médicaments et le tuaminoheptane) exposent à un risque de troubles cardiovasculaires graves voire mortels (poussées d'hypertension, AVC, troubles du rythme cardiaque). Fin 2017, les autorités sanitaires ont interdit la publicité grand public pour ces médicaments vasoconstricteurs, a indiqué Bruno Toussaint, directeur éditorial de Prescrire, cité par l’AFP.