Nouvelles arrestations homophobes au Sénégal

25 Septembre 2016
591 lectures
Notez l'article : 
0
 

Quelques mois après l’affaire du "faux mariage", où une vingtaine d’hommes présumés gays ont été arrêtés lors d’une fête privée à Kaolack, les opérations anti-gay reprennent cours au Sénégal, sous le haut patronage de la Police et de médias complaisants, n’hésitant pas à donner l’identité des hommes arrêtés. Dans la commune de Thiès, deux hommes ont été "surpris en pleins ébats" dans la nuit du 20 septembre, dans le cadre d’une vaste opération anti-drogues (on appréciera le parallèle) menée par la police de Nguente. Conduits au poste, ils ont été fouillés, puis interrogés afin qu’ils dénoncent une prétendue "bande d’homosexuels agissant dans la région". Le couple, qui déclare l’être depuis deux ans, aurait également confié que l’un payait l’autre pour chaque rapport. Puis, l’article, ouvertement homophobe, explique que "voulant collaborer pour espérer la clémence des hommes de tenue [les policiers, ndlr], les deux amoureux ont dénoncé les deux autres membres de leur bande", peut-on lire sur le site rapportant l’affaire. Deux autres hommes ont donc ensuite été arrêtés. Ces derniers ont nié le fait de se connaître, mais la lecture des SMS par la même police a conduit à établir un lien entre les deux hommes. Pour s’être donné rendez-vous les quatre hommes sont poursuivis pour "actes contre-nature" ou simple "complicité" et ont été présentés au procureur de la république du tribunal local. Dans un pays où l’homosexualité reste criminalisée, la simple présomption peut vous conduire devant la justice et vous rendre victime de l’opprobre sociale. Les onze présumés de Kaolack, en mars dernier, avaient tous été acquittés, faute de "preuves". Mais devant l’absence de mesure de protection par la police, ils ont tous soit fui le pays vers des contrées plus tolérantes, soit vivent cachés tant leur vie reste menacée. Dans cette région de l’Afrique, l’homophobie reste tenace et les législations encore très punitives envers les LGBT. Malheureusement, pas sûr que cet enjeu de droits humains ait été à l’ordre du jour de la visite officielle de Manuel Valls au Sénégal, deux jours après cette affaire.