OMS : Mugabe ne sera pas ambassadeur

28 Octobre 2017
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Tous comptes faits, il y a eu comme une évidence : cette nomination n’allait pas être possible. Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé (20 octobre) avoir annulé la nomination du président du Zimbabwe, Robert Mugabe, comme ambassadeur de bonne volonté de l'OMS. "Au cours des derniers jours, j'ai réfléchi à la nomination de son excellence le président Robert Mugabe comme ambassadeur de bonne volonté de l'OMS (...) en Afrique. En conséquence, j'ai décidé d'annuler cette nomination", a expliqué dans un communiqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le choix incroyable du président Mugabe annoncé cette semaine par le directeur général de l'OMS avait provoqué une levée de boucliers d’organisations non gouvernementales dénonçant l'effondrement du système de santé zimbabwéen sous le régime Mugabe (il est au pouvoir depuis 37 ans), mais aussi de pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada pour le comportement dictatorial d’un des chefs d’Etat parmi les plus controversés du monde, ouvertement homophobe et peu soucieux des droits humains. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait jugé "ridicule" et "absolument inacceptable" ce projet de nomination. "Quand j'ai entendu parler de la nomination de Robert Mugabe par l'OMS, franchement j'ai cru à un mauvais poisson d'avril", a déclaré le Premier ministre canadien. "C'est absolument inacceptable et inconcevable que cet individu ait un rôle d'ambassadeur de bonne volonté de n'importe quelle organisation et encore moins de l'OMS (...) C'est ridicule", a-t-il ajouté. Reste un mystère, qu’a-t-il bien pu se passer dans la tête du directeur de l’OMS pour qu’il envisage sérieusement de nommer une telle personnalité aux antipodes des valeurs de cette institution internationale et dont l’action dans son pays a été si préjudiciable à la santé de la population zimbabwéenne. La plupart des hôpitaux manquent de médicaments et d'équipements, les infirmières et les médecins sont régulièrement laissés sans salaires. De son côté, Richard Horton, qui dirige le grand journal médical britannique "The Lancet", avait lancé au directeur de l’OMS : "DG de l'OMS veut dire directeur général de l'OMS, et non pas dictateur général. Tedros, mon ami, annulez votre décision, consultez vos collègues et repensez" à votre décision. C’est fait !