Opiacés : quelle sortie de crise

14 Septembre 2021
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Ondes de choc. Les conséquences de la crise des opiacés aux États-Unis n’en finissent pas. Elles sont surtout sanitaires, mais également juridiques comme on l’a vu avec le cas de la firme pharmaceutique Purdue. Et ce labo n’est pas le seul à se trouver dans la tourmente. Trois distributeurs américains de médicaments (AmerisourceBergen, Cardinal Health et McKesson) et le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson, qui ont accepté, fin juillet, de payer 26 milliards de dollars liés à la crise des opiacés, ont annoncé samedi 4 septembre avoir reçu le soutien de suffisamment d'États pour passer à la prochaine étape de l'accord. Ce règlement à l'amiable doit leur permettre d'éviter des milliers d'actions en justice intentées par des États américains et des collectivités locales qui accusent les entreprises d'avoir eu un rôle dans cette crise sanitaire, à l'origine de plus de 500 000 morts par overdose en 20 ans dans le pays. Les distributeurs ont expliqué, dans un communiqué commun, avoir reçu le feu vert de 42 des 49 États qui les poursuivaient. Le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson a indiqué dans un autre message être aussi prêt à passer à la prochaine étape prévue dans l'accord. Johnson & Johnson fait partie des laboratoires pharmaceutiques accusés d'avoir alimenté la crise en produisant des opiacés et en menant des stratégies commerciales offensives pour un large usage de ces produits. Le labo a confirmé en juin avoir arrêté la production et la vente de ces substances. Les distributeurs "de médicaments sont, eux, accusés d'avoir fermé les yeux sur des commandes d'opiacés suspectes, du fait de leur importance. Selon les termes négociés, le versement des 26 milliards de dollars - qui doivent permettre aux États et collectivités de financer les traitements et la prévention rendus nécessaires par cette crise - dépend du nombre d'États américains qui valideront l'accord. Chaque État participant à la procédure a maintenant jusqu'au 2 janvier pour demander à leurs collectivités locales respectives si elles veulent aussi être parties prenantes à l'accord. S'il se confirme, l'accord sera le plus important de cette complexe bataille juridique engagée par les États et collectivités américaines pour faire payer les entreprises responsables de cette crise sanitaire majeure ; une des plus importantes que le pays ait connu.