Opiacés : un laboratoire américain condamné

6 Février 2020
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Âgé de 76 ans, John Kapoor, le fondateur du laboratoire pharmaceutique américain Insys, a été condamné jeudi 23 janvier à une peine de cinq ans et demi de prison pour avoir payé des médecins afin qu’ils prescrivent les médicaments opiacés fabriqués par son laboratoire. John Kapoor avait été reconnu coupable d’association de malfaiteurs en mai 2019 par un tribunal fédéral de Boston, à l’issue d’un procès de dix semaines. Six autres anciens dirigeants d’Insys avaient déjà été condamnés à des peines allant de 12 à 33 mois d’emprisonnement, rappelle l’AFP. Pour augmenter les ventes de leur vaporisateur au fentanyl, un antalgique dont la puissance atteint 50 à 100 fois celle de la morphine, les dirigeants-es avaient mis en place un système de « pots-de-vin » à grande échelle. Entre 2012 et 2015, ils ont rémunéré des professionnels-les de santé pour prescrire en grande quantité le médicament antidouleur, commercialisé par Insys sous le nom de Subsys. Comme l’explique l’AFP, les médecins étaient non seulement encouragés à recommander le vaporisateur à davantage de patients-es que nécessaire médicalement, mais aussi à forcer les doses, au-delà des limites fixées par la posologie et les conditions d’AMM. Certaines années, Insys a versé plus de dix millions de dollars de « pots-de-vin » de cette façon.  Les dirigeants-es du laboratoire avaient également mis en place un stratagème pour faciliter le remboursement du fentanyl par les compagnies d’assurance maladie.  Selon le rapport annuel d’Insys, les ventes de Subsys ont atteint 329,5 millions de dollars en 2015. Le groupe était entré en Bourse dès 2013. John Kapoor, ancien milliardaire, avait démissionné du conseil d’administration en octobre 2017, quelques jours après son inculpation.  En 2017, plus de 28 000 Américains-es sont morts d’une overdose de fentanyl ou d’une drogue équivalente, de la famille des opiacés synthétiques. Dans le cadre d’un accord amiable avec le ministère américain de la Justice, Insys avait accepté, en juin dernier, de verser 225 millions de dollars pour solder les poursuites contre l’entreprise. Quelques jours plus tard, le groupe a déposé le bilan pour préparer la vente de tous ses actifs, évaluant leur valeur entre 100 et 500 millions de dollars. Cette procédure met en péril le versement intégral des indemnités prévues pour l’État américain.