Participer à un essai clinique : je m'informe, je décide

21 Juillet 2015
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Nouvelles molécules, essais vaccinaux, cohortes observationnelles, etc., nombreuses sont les occasions de participer à un essai quand on est touché par une maladie chronique. Parfois l’information est affichée dans la salle d’attente de l’hôpital ou c’est le médecin qui vous en parle. Sur Seronet on diffuse aussi l’information, comme ça été récemment le cas pour l’allègement thérapeutique. La démarche peut aussi être spontanée, une envie irrépressible de faire avancer les choses ! C’est peut-être l’occasion d’avoir un suivi à la loupe pendant un temps qui peut rassurer ou c’est la possibilité de tomber sur le placebo, alors là non merci ! Participer à un essai c’est signer un contrat à deux parties où chacun a des responsabilités. Mais au final, c’est comment de participer à un essai, qu’est-ce qu’on attend de vous ? Vous avez déjà participé à un essai, quelles ont été pour vous les contraintes et les avantages ? Bref, vous voulez tout savoir sur les essais cliniques, c’est ce soir, à partir de 21h sur le chat thématique en compagnie d’Ernesto.

Commentaires

Portrait de ernesto-seronet

Pour cette toute nouvelle reprise des chats thématique, et le 2ème numéro de ce mois juillet, nous nous sommes retrouvés un peu moins nombreux que la semaine dernière mais avec des échanges très riches sur les essais cliniques.

Si beaucoup n'ont jamais eu l'occasion d'y participer, ne comprennent pas pourquoi après 10, 20 ans de traitement on ne le leur a jamais proposé, et disposent de très peu de connaissances sur leur existence et leur fonctionnement, pour certains, pourtant animés par la volonté de faire avancer la recherche, c'est essentiellement l'absence d'information qui constitue le principal obstacle à leur accès : l'idée s'exprime alors de créer un espace dédié dans Seronet qui pourrait recenser les essais cliniques en cours, les pistes de recherche, spécifier les publics et personnes "ciblées" et s'accompagner éventuellement de quelques avis ou recommandations.

Pour ceux qui ont vécu l'experience de ces essais (nouveaux traitements inhibiteurs d'intégrase, allègement thérapeutique, ...), l'approche s'est faite par une proposition du médecin, de l'infectiologue, toujours content d'inclure un patient dans un essai car les participants sont rares, et les études nombreuses. Les opinions sont partagées cependant sur le vécu de ces essais.

Pour certains cela a constitué une série de contraintes : plus de prélèvements biologiques, plus de rendez-vous, plus de trajets, dans des hôpitaux ou des locaux qui ne sont pas ceux du suivi ordinaire, des services et des médecins qu'on ne connait pas. Mais pour d'autres, la participation s'est faite en phase, en prolongement avec le parcours normal, une fréquence plus élévée de visite donnant lieu à des analyses et des resultats plus complets. Sur ce point, certains participants au chat, qu'ils aient ou non été intégrés dans un essai clinique, font état d'une absence fréquente de communication des résultats des analyses, ou bien un rendu de résultat sur un post-it après de nombreuses relances auprès du médecin, et pour l'un d'entre eux alors il pourrait envisager la participation à un essai comme une opportunité de retrouver un rythme régulier de bilan qui ne sont plus prescrits par le médecin.

La crainte d'effets secondaires ou d'impact sur la santé au cours de l'essai peuvent aussi être un obstacle à l'entrée (volonté de ne pas s'aventurer dans un essai et mettre en danger une CV et des CD4 stables et satisfaisants par exemple), ou même après l'entrée : un participant a quitté son essai au bout de quelques semaines. On rappelle cependant que les éventuels effets indésirables graves sont anticipés par les protocles ou conventions signés par les participants à l'essai, et garantissent normalement toute incidence possible de l'essai : pour certains, cela ne constitue pas une sécurité suffisante, quand d'autres voient dans les essais une stratégie des laboratoires, des systèmes hospitaliers, du système de santé pour servir leurs propres intérêts.

Aussi, la relation avec le médecin reste primordiale, source d'information, de proposition, et d'écoute, tant en amont dans la proposition de participation à l'essai, avec toutes informations nécessaires et l'implication de cette participation, que dans la suite de l'essai avec les résultats de toutes les analyses communiquées au participant, et les conclusions auxquelles aboutit l'essai.

Pour ce chat donc, essai transformé, et le but a été atteint ?

Que vous ayez ou non contribué à ce chat thématique, faites part de vos remarques par un commentaire sur cette brève, ainsi que de suggestions de thèmes que vous souhaiteriez voir abordés à la rentrée.

Ernesto

Portrait de tong.nat

Chat très positif.      Les séronautes exprimaient bien leur crainte dans un engagement à l'aveugle, leur peur face à de nouveaux effets secondaires , charge finançière ou contrainte d'analyses supplémentaires,     ce qui prouve que tout essai doit s'accompagner d'une juste et bonne explication  .D'avoir une confiance absolue avec son médecin qui doit expliquer le coté positif ou même négatif de l'essai et si notre état physique est capable de supporter les contraintes liées à l'essai.                          Un calendrier des essais programmés serait le bien venu sur votre site, avec une explication brève de cet essai qui devra bien sur être confirmée par votre médecin.          Merci à tous   et si vous trouvez que la connaissance coute cher........alors essayez l'ignorance ........

Portrait de luso

J'ai évoqué hier au cours de cet échange sur les essais le fait qu'en 17 ans on ne m'avait jamais rien proposé et surtout le manque de CONSIDÉRATION du patient qui s'est installé au fil du temps, me retrouvant même à la marge n'étant pas retourné à l'hôpital depuis 2011.

Dans cet élan commun et porté par les encouragements positifs des participants j'ai indiqué que j'allais tenter de reprendre un suivi régulier, ne sachant pas du tout à ce jour où j'en suis, plus de bilans, rien, juste des prescriptions de la tri-thérapie à droite à gauche de dispensaire en dispensaire.

Tout ceci pour vous dire que j'ai bien appelé aujourd'hui l'hôpital TENON.

Nous sommes donc en juillet 2015 mais il n'y a pas de consultation possible avant ... tenez vous bien : l'année prochaine !

1er RDV possible le 05 janvier, je n'ai pas pris de rendez-vous.

Qui arrive à obtenir des consultations régulières ?

Obtenir ne serait-ce qu'une simple consultation pour un simple suivi dans un délai raisonnable semble bien compliqué.

Alors commencer à évoquer une éventuelle participation à un essai, j'en suis loin.

Aides est-elle au courant de cette situation ? De cette dégradation. Fait-on quelque chose ?

Je pense que vous comprendrez mon désamour, je ne sais pas comment se passent les choses ailleurs, mais à TENON, c'est devenu l'usine et surtout on est devenu un numéro, un dossier sans importance.

Désolé tout mon enthousiasme d'hier s'est évanoui !

Amicalement.

Portrait de sauveniere

Comme dit hier, je garde un très mauvais souvenir de cette proposition à un essai ...dans une annexe inconnue des patients. J'ai claqué la porte, me demandant ce que j'étais venu faire là. J'ai eu un sentiment de dégoût et de peur. Voir d'autres personnes se dévisageant sur des bancs m'a décontenancé.

Pour répondre au témoignage ci-dessus (pour la Belgique), il n'est pas compliqué d'être suivi de façon régulière dans un centre de référence. Lorsqu'on est dans le système, en tout cas. Par contre, les médecins sont plus surcharchés qu'avant...la secrétaire ajoute régulièrement des patients aux consultations prévues. C'est simple, mes consultations ont lieu  à 11h20 le vendredi début juillet et le lundi de la fin décembre à 11h20 également. J'ai la chance d'être très bien suivi depuis 96 sans discontinuité avec des traitements à la pointe (maintenant un traitement non classique d'allègement, une bithérapie, en attendant l'homologation d'une monothérapie au Tivicay, ou d'une monothérapie sans IP).

Enfin, je ne trouve pas du tout triste de ne pas participer à un essai, les traitements me suffisent et se diversifient tout en semblant être de plus en plus légers. Certains regrettent de ne pas obtenir d'invitation, d'autres (comme moi) sont heureux de ne plus y participer (trop d'incertitudes, d'inconnues dans un secteur trop pointu). Prendre un traitement homologué ne va pas nécessairement de soi, prendre un traitement à l'essai peut ne pas être rassurant du tout.

Je ne suis évidemment pas contre les Etudes et les essais ...ma personnalité ne répond simplement pas à ce qui est demandé aux candidats qui sont inclus lors d'essais. Par contre, pour un traitement homologué, mon observance est très facile et joue évidemment dans le succès virologique du traitement.