Pauvreté : les assos appellent à l’aide

5 Septembre 2023
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Rentrée sociale. Les associations de lutte contre la pauvreté alertent sur la forte hausse de demandes d'aide. C’est le cas des Restos du Cœur qui ne parviennent plus à faire face à cet afflux et ont décidé de réduire le nombre de personnes accueillies à partir du mois de novembre. L'inflation en France a progressé de 4,8 % sur un an en août, selon l'Insee. L'un de ses principaux moteurs reste le prix des produits alimentaires, qui ont bondi de 11,1 % sur un an le mois dernier, une envolée moins rapide qu'en juillet (12,7 %) mais toujours significative. Dans ce contexte, les Restos du Cœur constatent également au niveau national une hausse significative du nombre de demandes d'aide : l'association a déjà accueilli 1,3 million de personnes en 2023, contre 1,1 million sur l'ensemble de l'année dernière. En parallèle, ses coûts de fonctionnement s'alourdissent, notamment celui de ses achats de produits alimentaires, redistribués ensuite gratuitement aux personnes bénéficiaires. « C'est une situation extrêmement complexe, qu'on n'a jamais connu aux Restos », depuis leur création en 1985 par Coluche, et qui a plongé les comptes dans le rouge, indique à l'AFP son président, Patrice Douret. L'association, qui assure 35 % de l'aide alimentaire en France, s'est résignée à réduire, cet hiver, le nombre de bénéficiaires. Pour cela, elle va baisser le seuil du reste à vivre (montant des revenus disponible après la déduction des charges fixes, comme le loyer, l'électricité) permettant une inscription. « C'est un véritable crève-cœur, nous allons devoir massivement dire non à des personnes que nous aurions pu accueillir avant l'inflation » mais « nous n'avons pas le choix », souligne Patrice Douret, qui appelle à « une mobilisation massive » des pouvoirs politique et économique pour aider l'association à « franchir ce cap difficile ». Contactées par l'AFP, d'autres grandes associations de lutte contre la pauvreté observent cet afflux de demandes d'aide, mais n'envisagent pas pour l'heure de restreindre leur action. Au Secours Populaire, elles progressent « de 20 à 40 %, selon les territoires », une situation « très inquiétante », selon Houria Tareb, secrétaire nationale. À la Croix-Rouge, les demandes d'aide alimentaire ont progressé de 7 % au premier semestre, par rapport à la même période l'an dernier. Plusieurs associations travaillent notamment sur de nouvelles solutions pour continuer de s'approvisionner en produits, tout en préservant leurs finances. L'Armée du Salut, qui a « pratiquement doublé » l'aide alimentaire qu'elle apporte par rapport à la période d'avant la crise sanitaire, tente par exemple de passer des accords avec des agriculteurs-rices.