Pénuries de médicaments : OTMeds alerte

8 Janvier 2023
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Bis repetita. « 10e tribune d’@otmeds dans @lemondefr : Fatigue de répéter les mêmes alertes ; Colère de voir nos craintes se réaliser ; Mais aucune résignation : nous exigeons des actes et que les responsabilités soient établies ». C’est ainsi que l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament (OTMeds) a commenté sur Twitter la publication (3 janvier) d’une tribune dans Le Monde. Cette tribune signée par Pauline Londeix et Jérôme Martin, les deux co-fondateurs-rices de OTMeds dénonce « l’incapacité des pouvoirs publics à faire face à des manques de médicaments de base produits hors de France », trois ans après le début de la crise sanitaire liée à la Covid-19. « Le 22 décembre 2022, la République populaire de Chine annonçait suspendre l’exportation de certains médicaments, comme l’ibuprofène. Elle entend répondre ainsi aux besoins de sa population, 1,4 milliard d’habitants confrontés à un rebond de la pandémie de Covid-19 (…). Quatre-vingts pour cent de la production des principes actifs pharmaceutiques nécessaires aux médicaments que nous consommons sont produits en Chine et en Inde », expliquent les signataires. « Nous savons pourtant ce qu’implique une telle dépendance. En décembre 2019, à cause du Covid-19, des usines chinoises avaient dû momentanément fermer. En mars 2020, l’Inde avait fermé ses frontières aux exportations pour certains médicaments. La combinaison de ces deux phénomènes, à laquelle s’ajoutait l’explosion de la demande mondiale, avait provoqué des ruptures dans les hôpitaux parisiens. L’annonce chinoise du 22 décembre ressemble donc à la répétition d’un même mauvais scénario. Sommes-nous mieux préparés qu’il y a trois ans ? On peut en douter, tant l’action publique ne semble pas avoir pris en compte cette dépendance et l’évolution du contexte international », déplorent les co-fondateurs-rices de OTMeds. « De 132 ruptures ou tensions signalées en 2011, on est passé à 2 160 en 2021. Pense-t-on que les seules mesures de gestion de l’urgence, sans un travail de fond pour endiguer cette explosion, soient efficaces et tenables, même à très court terme ? Et se rend-on compte du danger qu’il y a à repousser des mesures indispensables à notre sécurité sanitaire au motif qu’elles seraient longues à être mises en place ? », ironisent Pauline Londeix et Jérôme Martin qui parlent d’une « faillite collective ». « On parle de la fabrication de produits vitaux pour des millions de personnes. Il est temps d’avoir les débats et les politiques à la hauteur », exhorte l’Observatoire. Et Pauline Londeix et Jérôme Martin de conclure : « Ce ne sont pas les alertes qui génèrent la panique, mais au contraire le manque d’anticipation, le déni et la légèreté des responsables politiques et administratifs qui, en refusant une approche globale et structurelle des pénuries, en mettant le droit à la santé en bas de leurs priorités, en répétant les mêmes objections démontées de longue date, nous font perdre un temps considérable dans cette course pour garantir notre sécurité sanitaire ».