Personnes trans et papier d’identité

15 Février 2023
648 lectures
Notez l'article : 
0
 

Lundi 6 février, la Cour suprême de Hong Kong a jugé que les personnes trans pouvaient changer de sexe sur leur carte d’identité sans avoir recours au préalable à la chirurgie, indique l’AFP. La réglementation actuelle prévoit que les cartes d’identité mentionnent le sexe de naissance, à moins que la personne ne procède à une transition médicale avec une chirurgie de « réattribution sexuelle ». Dans son arrêt, la haute juridiction a considéré que l’obligation de procéder à une intervention chirurgicale était inconstitutionnelle et qu’elle imposait « une charge trop lourde aux personnes concernées ». C’est une victoire historique pour l’égalité des droits LGBT+. Cette décision fait suite à un recours en justice déposé en 2017. Henry Tse, l’un-e des militants-e qui a déposé le recours, estime que les personnes trans étaient « interdites de vivre pleinement » en raison de cette politique, qui peut également poser des problèmes de sécurité. « Nous sommes démasqués chaque fois que nous présentons notre carte d’identité », a-t-il déploré auprès de l’AFP, avant le jugement. Les exigences relatives à une modification de la carte d’identité ont contraint des personnes trans à se soumettre à des procédures médicales coûteuses et invasives, malgré les risques pour leur santé, a-t-il souligné. De son côté, le gouvernement avait défendu sa politique en affirmant qu’elle permettait d’éviter les « problèmes pratiques » liés à la fourniture de services spécifiques au sexe, notamment l’application de la loi, les interventions d’urgence, les services sociaux et l’accès aux toilettes. L’avocat britannique David Pannick, qui représentait les militants-es, avait fait valoir que l’impossibilité de changer leur carte d’identité causait aux personnes trans « une humiliation régulière, une perte de dignité et une détresse parce qu’elle les oblige à révéler un aspect très intime de leur vie privée ». En 2021, plus de la moitié des 234 personnes trans interrogées par l’Université chinoise de Hong Kong ont déclaré être victimes de discrimination, et beaucoup ont fait état de symptômes de dépression.