Plan cancer et prévention

11 Février 2021
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À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le 4 février, le président Emmanuel Macron a présenté la nouvelle stratégie décennale française contre le cancer. Cette stratégie bénéficiera d’une hausse de 20 % des moyens déployés contre une maladie qui reste la première cause de mortalité chez les hommes et la deuxième chez les femmes. Le budget des cinq premières années du plan décennal sera ainsi porté à 1,7 milliard d'euros pour 2021-2025, a promis le chef de l’État. Le tabac et l'alcool sont au centre de la stratégie. « Je souhaite que la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l'histoire récente », a-t-il dit, confirmant une promesse de campagne, et promettant d'agir sur « le prix, l'extension des espaces sans tabac, les campagnes d'information sur sa toxicité », et un meilleur accompagnement de ceux-celles qui arrêtent de fumer. Cette mobilisation doit commencer « dès l'école », a indiqué Emmanuel Macron. Pour l'alcool, à l'origine d'un cinquième des cancers évitables, « il ne s'agit pas d'aller vers le zéro alcool, mais bien de prévenir les excès et de mieux aider ceux et celles qui sont dans une forme de dépendance à en sortir », a-t-il précisé. Il a ainsi promis, sans précision sur la mise en œuvre, des repères « plus visibles et plus lisibles aux consommateurs » sur chaque produit.   En matière de prévention, le gouvernement et l'INCa (Institut national du cancer) ambitionnent de réduire de 60 000 par an d'ici 2040 le nombre des « cancers évitables », sur un total de 153 000. On estime que 40 % des cas de cancers pourraient être évités, car attribuables à des facteurs de risques modifiables comme le tabac, l'alimentation, l'exposition aux UV ou encore la sédentarité. Ils souhaitent aussi convaincre davantage de Français-es de participer aux dépistages organisés pour le cancer du sein, le cancer colorectal et, récemment, le col de l'utérus. L’objectif est précis : « réaliser un million de dépistages en plus à l'horizon 2025 », contre neuf millions par an aujourd'hui.  La marge de progression existe principalement pour le dépistage du cancer colorectal, avec seulement 30 % de participation, tandis que des « travaux de recherche » sont menés pour envisager des dépistages sur d'autres cancers, comme celui du poumon.  Le plan souhaite aussi limiter à un tiers la proportion de personnes souffrant de séquelles cinq ans après leur diagnostic (chirurgies mutilantes, effets indésirables des médicaments et traitements, etc.), contre deux tiers à l'heure actuelle. Le dernier objectif consiste à « améliorer significativement » le taux de survie des cancers à mauvais pronostic, dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 33 %, tels que les cancers du pancréas ou du poumon, certains cancers du sein, etc.