Précarité et alimentation

23 Novembre 2022
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Faim. Près de la moitié des ménages qui ont sollicité l'aide du Secours catholique en France en 2021 disposent d'un budget insuffisant pour se nourrir chaque jour, alerte l'association dans son rapport annuel sur la pauvreté, publié jeudi 17 novembre.  Le revenu médian des personnes aidées par le Secours catholique s'est établi à 548 euros par mois en 2021, pointe l’AFP. « Ces personnes ne vivent pas, elles survivent, elles sont en permanence en train de calculer », a commenté, auprès de l'AFP, Véronique Devise, présidente du Secours catholique. Loyer, factures d'électricité, assurances : les dépenses pré-engagées absorbent en moyenne près de 60 % du revenu de ces ménages en situation de précarité, souligne l'association.  Si l'on tient compte d'autres dépenses « quasi incompressibles » comme le remboursement de dettes ou les frais de transport, 48 % des ménages accueillis par le Secours catholique disposent d'un reste à vivre de moins de cinq euros par jour et par personne, soit 0,5 à un euro de moins par rapport à la période d'avant la crise sanitaire. « Avec cela, il faut acheter à manger, des produits d'hygiène, s'habiller », décrit le rapport de l’ONG, qui estime la dépense minimale alimentaire à sept euros par jour et par personne.  « Cette situation n'est pas acceptable, le gouvernement doit absolument se saisir de cette question des 10 % les plus pauvres de la société », estime Véronique Devise.  Le Secours catholique demande une revalorisation du RSA. L’ONG s'inquiète des effets de l'inflation sur la vie de ces ménages, déjà confrontés à des « choix impossibles », comme privilégier le règlement des factures ou bien effectuer des courses alimentaires.  « Ces familles font déjà énormément pour réduire leur consommation d'électricité et de gaz, comment vont-elles faire » face à la hausse des tarifs de 15 % prévue l'an prochain ?, interroge la présidente de l'association.  Le Secours catholique a accueilli 938 000 personnes en France en 2021, qui ont pu bénéficier de différents services, comme une aide alimentaire ou un accompagnement social.  Les mères isolées représentent un quart des ménages rencontrés, une part trois fois plus importante que dans la population générale, souligne l'association.  De nombreux hommes seuls, souvent au chômage ou inactifs, se sont aussi rendus à l'association: ils représentent 22,4 % des ménages rencontrés. En hausse depuis dix ans, la part des personnes de nationalité étrangère s'est, elle, établie à 50 % des personnes accueillies l'an dernier.