Précarité menstruelle : quelles propositions ?

15 Juin 2019
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La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a réuni (28 mai) plusieurs ministres, parlementaires, associations et industriels pour mettre en place une stratégie de lutte contre la « précarité menstruelle » et étudier un projet d'expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques.  Lors de cette réunion, organisée à l'occasion de la Journée mondiale de l'hygiène menstruelle, une « mission sur l'expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques » a été confiée à la sénatrice Patricia Schillinger (LREM), indique l’AFP. Elle doit étudier « les objectifs et modalités » de la mise en place d'un tel dispositif dans plusieurs « lieux collectifs ». Patricia Schillinger avait présenté en décembre dernier, dans le cadre du projet de loi de finances 2019, un amendement pour la distribution gratuite de protections hygiéniques pour les femmes en situation précaire en milieu scolaire, dans les hôpitaux ou prisons. Comme le rappelle l’AFP, le débat autour de la « précarité menstruelle » avait défrayé la chronique en 2015, au moment des discussions sur le taux de TVA qui était appliqué aux protections hygiéniques, un taux bien supérieur à certains produits d’hygiène masculins et cela sans aucune justification. Grâce à la mobilisation de collectifs féministes, il avait été ramené à 5,5 %. « L'évolution des prix montre que cette baisse de TVA a bien profité aux consommatrices », a défendu le gouvernement dans un communiqué, alors que des associations féministes avaient critiqué des prix d'achat inchangés et donc une marge meilleure pour les industriels ou la grande distribution. Plusieurs secrétaires d'État étaient présentes à cette réunion : Brune Poirson (Transition écologique), Christelle Dubos (Santé), Agnès Pannier-Runacher (Economie et Finances) pour discuter « d'une stratégie commune » visant à « lever le tabou des règles » dans la société, mais aussi à améliorer l'information aux consommatrices concernant la composition des protections. En juillet 2018, un rapport de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) avait conclu à la présence de substances chimiques « en très faible concentration » dans les protections intimes féminines - notamment des traces de pesticides dans les serviettes hygiéniques - mais ne présentant pas de risque pour les utilisatrices. L'agence de sécurité sanitaire a toutefois recommandé aux fabricants « d'améliorer la qualité de ces produits afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques ». « Les efforts doivent se poursuivre, en particulier sur les emballages et notices d'utilisation, et sur la sensibilisation au syndrome du choc toxique (SCT) », souligne le gouvernement dans son communiqué.