Prep : cabotégravir en injection

28 Mai 2020
285 lectures
Notez l'article : 
0
 

On connaît la Prep en comprimés par voie orale. Une autre stratégie préventive de la contamination par le VIH a été testée : elle consiste à injecter un médicament anti-VIH, le cabotégravir (anti-intégrase) toutes les huit semaines. Cette stratégie a montré son efficacité, selon des résultats préliminaires présentés le 18 mai dernier par les Instituts américains de santé (NIH). Les NIH ont publié les premiers résultats d'un grand essai clinique lancé il y a plus de trois ans dans sept pays dont les États-Unis, le Brésil, la Thaïlande et l'Afrique du Sud, auprès d'hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ainsi que des femmes transgenres, la plupart âgés-es de moins de 30 ans, rappelle l'AFP. Un autre essai avec la même stratégie est en cours avec les femmes. Aujourd'hui, les seuls médicaments approuvés en Prep sont le Truvada et ses génériques (France et dans d'autres pays), et le Descovy (États-Unis). Cette stratégie (le plus souvent : un comprimé par jour par voie orale) fonctionne avec un taux très élevé de protection. Cette fois, une autre stratégie a été testée : celle d'une injection qui assure une couverture en médicament au moyen de la libération prolongée du principe actif sur deux mois. Le 18 mai, les premiers résultats de la vaste étude réalisée dans différents pays et portant sur 4 500 participants-es ont été présentés-es. L'étude a comparé deux groupes. La moitié des participants-es a reçu une injection de cabotegravir tous les deux mois, associée à des comprimés placebo de Prep. L'autre moitié a reçu une injection de placebo, associée à de vrais comprimés de Prep. Il était ainsi possible de comparer deux stratégies thérapeutiques différentes, mais en s'assurant que tous-tes les participants-es recevaient un traitement de Prep d'une méthode ou d'une autre : injection ou comprimé. Dans le cas contraire, cela aurait été inéthique. Les résultats indiquent que 50 participants-es ont néanmoins été contaminés par le VIH durant la période de l'essai : douze dans le groupe recevant l'injection de cabotégravir, et 38 dans le groupe prenant le comprimé de Truvada. A ce stade, les chercheurs-euses n'avancent pas encore d'explications quant aux cas d'infections, ils constatent que la stratégie d'injection de cabotégravir est supérieure de 69 % à celle du comprimé de Truvada. Devant ces résultats, les responsables de l'essai clinique ont mis fin prématurément à l'essai en aveugle afin que tous-tes les participants-es puissent bénéficier de la méthode la plus efficace : l'injection. « Nous sommes très satisfaits des résultats, non seulement en raison de la forte efficacité du cabotégravir, mais aussi car nous avons démontré la haute efficacité dans une étude qui représente de façon adéquate les populations les plus démesurément frappées par le VIH : les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) noirs aux Etats-Unis, les jeunes HSH partout dans le monde, les femmes transgenres », a déclaré Kimberly Smith, directrice de la recherche et du développement chez ViiV Healthcare (groupe GSK), citée par l'AFP.