Prep : Descovy trop cher !

14 Août 2021
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La Prep sous TAF/FTC (ténofovir alafénamide/emtricitabine), connue sous le nom commercial Descovy, est la nouvelle formule du TDF/FTC (ténofovir disoproxil /emtricitabine) connu sous le nom commercial Truvada. Selon le laboratoire Gilead, le Descovy serait mieux toléré que le Truvada et justifierait son prix bien supérieur au Truvada. Une nouvelle étude menée par des chercheurs-es de la Harvard Medical School de Boston (États-Unis) et publiée le 5 août dernier sur le site médical Open Forum Infectious Diseases a analysé le passage (switch) d’un traitement à l’autre. Les chercheurs-es ont analysé les données médicales de 2 892 usagers Prep (tous des hommes cisgenres) de la clinique de santé sexuelle Fenway Health à Boston. Dans ce groupe, 11,9 % des usagers de la  Prep ont switché du Truvada au Descovy. La raison déclarée de ce passage de l’un à l’autre était de réduire les effets indésirables du Truvada sur la fonction rénale. En effet, le TAF, qui est une forme micro-dosée du ténofovir est considérée comme moins toxique pour les reins. Mais en regardant de plus près les données médicales, les chercheurs-es ont constaté que seuls 7 % des usagers qui ont switché du Truvada au Descovy avaient de réelles indications cliniques de le faire. Selon les chercheurs-es, le bénéfice « effets indésirables/coût du traitement » n’est pas évident. En effet, le Descovy, qui est disponible à la commercialisation aux États-Unis depuis octobre 2019, coûte 1 800 dollars par mois tandis que la version génériquée du Truvada est passée à 30 dollars par mois, depuis octobre 2020, c’est-à-dire 60 fois moins cher que le Descovy. « Une des barrières critiques au déploiement de la Prep aux États-Unis est son coût », déclarent les auteurs-rices de l’étude. Et d’ajouter « Les efforts pour mettre fin à l’épidémie de VIH peuvent être menacés si des traitements coûteux sont utilisés alors qu’il existe des traitements bien moins chers et tout aussi efficaces et tolérés. Notre étude souligne la nécessité de s’assurer que les différentes formes de Prep soient prescrites en suivant les indications cliniques strictes ». En France, le Descovy est officiellement autorisé à la vente depuis 2016, mais n’est toujours pas disponible, faute d’accord sur son prix. Le laboratoire prétend à un prix trop élevé selon les autorités sanitaires françaises. Dans son avis de juin 2017, la commission de transparence de la Haute autorité de santé (HAS) avait estimé que le Descovy n’apportait « pas d’amélioration du service médical rendu dans la stratégie de prise en charge des patients infectés par le VIH ».