Prep efficace en vie réelle

27 Juillet 2022
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Jusqu’ici l’efficacité de la Prep en France avait été mesurée dans le cadre d’essais cliniques (Ipergay et Prévenir, principalement) dans lesquels les usagers-ères de Prep étaient suivis-es, accompagnés-es, rappelés-es par sms et appels pour leurs prises de rendez-vous. Mais que se passe-t-il en vie réelle, c’est-à-dire quand les usagers-ères ne sont plus accompagnés-es ? Une nouvelle étude réalisée par Epi-Phare (Groupement d’Intérêt Scientifique ANSM – Cnam) montre que, parmi les hommes à haut risque d’infection au VIH par voie sexuelle en France, l’efficacité de la Prep en vie réelle atteint un niveau très élevé, à condition que l’observance au traitement soit bonne. Réalisée à partir des données issues du Système national des données de santé (SNDS). L’étude a porté sur plus de 46 706 hommes identifiés à haut risque d’infection à VIH, sur une période allant du 01/01/2016 au 30/06/2020. Au total, 256 hommes ont été infectés par le VIH au cours du suivi. Comparé aux hommes restés séronégatifs, ceux infectés par le VIH avaient moins souvent utilisé la Prep (29 % contre 49 %), et ceux qui avaient utilisé la Prep avaient plus souvent eu une consommation de Truvada faible, c’est-à-dire nécessitant moins d’une boîte de 30 comprimés tous les deux mois (78 % contre 40 %) et/ou des interruptions prolongées (d’au moins trois mois) de leur traitement (74 % vs. 40 %). Les résultats montrent que l’efficacité de la Prep atteint un niveau élevé, 93 %, proche de celui rapporté dans les essais cliniques chez les usagers-ères qui sont le plus observant. En revanche, l’efficacité de la Prep n’est que de 18 % en cas de consommation faible de Truvada. L'efficacité de la Prep apparaît réduite chez les hommes âgés de moins de 30 ans et ceux bénéficiaires de la CMUc, parmi lesquels une consommation faible de Truvada et les interruptions de Prep sont particulièrement fréquentes. « Le renforcement des efforts visant à améliorer l'observance à la Prep est essentiel pour garantir son efficacité, en particulier chez les jeunes et les personnes défavorisées sur le plan socio-économique, qui sont de plus en plus nombreux à utiliser la Prep à mesure que celle-ci continue à se généraliser », concluent les auteurs-rices de l’étude publiée dans The Lancet. Un plaidoyer pour l’accompagnement communautaire par les pairs-es tel qu’il a été proposé dans les études Ipergay et Prévenir.