Prep en prison : ça marche !

30 Janvier 2023
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Une étude sur la Prep dans les prisons en Zambie (Afrique australe) fait état d'un taux d'utilisation de 93 %, rapporte le site Be In The Know. L'Onusida estime qu'au niveau mondial, les personnes en détention sont exposées à un risque sept fois plus important de contracter le VIH que les autres. En Zambie, les prisons comptent un nombre particulièrement élevé de personnes exposées à un risque élevé de contracter le VIH, comme les travailleurs-ses du sexe (TDS), les personnes qui s'injectent des drogues et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Mais les prisons zambiennes ne fournissent pas d'accès à la prévention du VIH, notamment aux préservatifs et aux lubrifiants. Bien que les données soient limitées, on estime qu'une personne sur cinq en prison en Afrique subsaharienne a des rapports sexuels consentis. Les rapports sexuels forcés, les rapports sexuels transactionnels et les viols sont également courants. Ces situations exposent les personnes au risque de contracter le VIH. Parmi les autres risques de transmission du VIH, il y a aussi le partage de matériel d'injection de drogues et de tatouage. Un programme proposant la Prep sous forme de comprimés a été mené dans seize prisons zambiennes entre octobre 2020 et mars 2021. Les pairs-es éducateurs-rices des prisons ont organisé des séances de prévention en groupe sur le VIH et la Prep. Un test VIH était proposé aux détenus-es. Les personnes dont le test était positif étaient mises sous traitement contre le VIH, tandis que celles dont le test était négatif se voyaient proposer la Prep. Environ 12 400 personnes ont fait l’objet d’une évaluation des risques de contracter le VIH (95 % étaient des hommes). Parmi elles, environ 2 600 personnes ont fait un test de dépistage du VIH. Parmi les personnes dont le test de dépistage du VIH était négatif et dont l'éligibilité à la Prep a été évaluée, 67 % étaient éligibles selon les directives du ministère zambien de la Santé (1 280 personnes au total). Les raisons possibles de ne pas être éligible à la Prep incluent le fait de ne pas être sexuellement actif, de ne pas avoir eu d'infection sexuellement transmissible récente et de ne pas partager le matériel d'injection de drogues. La plupart des personnes (93 %) à qui l'on a proposé la Prep l'ont prise. Cela équivaut à 1 190 personnes (1 151 hommes et 39 femmes). Le taux de prise de la Prep était de 93 % chez les hommes et de 100 % chez les femmes.  La tranche d'âge présentant la plus forte proportion de personnes ayant commencé la Prep en prison était celle des 25-29 ans (24 % de toutes les personnes ayant commencé la Prep). Cette étude montre que de nombreuses personnes en prison sont susceptibles de prendre la Prep si elle leur est proposée. Le taux d’usage de la Prep est élevé, malgré le fait que les pénétrations anales  soient punies par la loi et malgré l'absence de visites conjugales (visites au cours desquelles une personne détenue est autorisée à avoir des relations sexuelles avec son ou sa partenaire). Cependant, le fait que les préservatifs ne soient pas disponibles dans les prisons zambiennes pourrait avoir influencé le taux d'usage de la Prep.