PrEP et traitement précoce : 2 vitesses aux Etats-Unis

27 Octobre 2015
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Aux Etats-Unis, les soignants en première ligne face à l’épidémie de VIH semblent avoir intégrer l’intérêt individuel et collectif d’une mise sous traitement précoce des personnes dépistées séropositives. C’est ce que montrent les résultats d’un questionnaire envoyé en mai 2014 à quelque mille cliniciens impliqués dans le "Réseau des infections émergentes" aux Etats-Unis et au Canada. Les précédentes études, menées avant 2012 et les recommandations américaines de mise sous traitement immédiate (quel que soit le nombre de CD4), montraient que très peu de médecins proposaient des antirétroviraux dès le résultat positif. Parmi les 573 répondants, 72 % étaient des prescripteurs de traitements anti-VIH. Aujourd'hui, 87 % de ces derniers disent qu’ils conseillent systématiquement le traitement précoce à leur patient. Reste que 11 % des médecins admettent encore retarder la trithérapie, en invoquant le temps de préparation de la personne nouvellement diagnostiquée. Si cette évolution est marquée concernant le traitement comme prévention (Tasp), elle reste plus réduite quant à la prophylaxie pré-exposition (PrEP). D’après ce même questionnaire, seulement 59 % des médecins ont parlé de la PrEP à un patient ou à son partenaire séronégatif. A peine 33 % de ces prescripteurs de traitements pour le VIH indiquaient avoir déjà donné le traitement préventif à une personne séronégative. Selon les auteurs de l’étude, ces chiffres montrent que "ces médecins manquent encore des occasions de fournir de la PrEP". Cela malgré les nouvelles recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’autorisation du Truvada en préventif aux Etats-Unis depuis avril 2012. Les chercheurs notent également que si la mise sous traitement précoce a été bien intégrée par les prescripteurs d’antirétroviraux aux Etats-Unis, il reste encore du travail à fournir concernant la PrEP. Car plus que le seul tiers qui en prescrit, c’est le sentiment encore prégnant d’incapacité à délivrer le traitement préventif, parmi plus de la moitié de ces médecins, qui freine son accès aux personnes qui pourraient en avoir besoin pour éviter la contamination. Pour contrecarrer cet état de fait, les auteurs de l’étude plaident pour des "interventions auprès de ces prescripteurs afin de casser certaines idées reçues et donc améliorer les pratiques de ces médecins qui ont un impact considérable sur l’épidémie".