Prep et trans : des obstacles spécifiques

18 Juillet 2019
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Le parcours de Prep pour les personnes trans doit être intégré à une offre plus globale de santé et pas seulement se limiter au VIH, pour l'accueil spécifique des communautés. Des articles de la littérature scientifique tendent à aller en ce sens. Dans un écrit publié dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes, sur les connaissances et le recours à la Prep chez les femmes trans noires et hispaniques aux États-Unis, l’étude souligne que ce n'est pas tant le défaut de connaissance de la Prep qui est à l'origine de son faible recours, que d’autres facteurs. Au sein de ces communautés, des facteurs socio-économiques, comme l’accueil discriminant et l’offre de santé peu adaptée et inclusive et surtout des craintes liées au traitement ont un impact important. Alors que 80 % des participantes interrogées connaissaient la Prep et que 75 % aimeraient (ou auraient aimé) y avoir recours pour éviter de contracter le VIH, seules 17 % d'entre elles en bénéficiaient.  Parmi les facteurs associés à un moindre désir de recourir à la Prep figurent notamment : la crainte des interactions avec les thérapies hormonales féminisantes (65 %), véritable frein à la prise, ou d’éventuels effets indésirables (47 %). Enfin, le modèle continu (le schéma à la demande est peu répandu aux États-Unis) et devoir prendre la Prep tous les jours (41 %) semble aussi un enjeu. Une part importante des personnes interrogées vivaient dans une situation de précarité et/ou étaient sans emploi. L'expérience du travail du sexe était quant à lui plutôt associée à une augmentation du désir de recourir à la Prep. Par ailleurs, les personnes interrogées qui en prenaient déjà n’avaient plus tellement de craintes concernant les interactions, mais craignaient plutôt d'être perçues comme « vivant avec le VIH » ou d'avoir des effets indésirables, qui les rendraient visibles et donc exposées aux discriminations. Enfin d'autres éléments ont été rapportés par les personnes comme le fait que les services hospitaliers prescrivant la Prep sont parfois trop focalisés sur le VIH quand les besoins de santé sont quant à eux plus diversifiés ou avec une approche peu inclusive des personnes trans.