Prep : l’Onusida donne son avis

26 Décembre 2018
1 228 lectures
Notez l'article : 
0
 

La Prep est un outil de prévention de l’infection à VIH très efficace… à la condition d’être prise correctement : soit en continu (une fois par jour pendant les périodes où la probabilité d’être infecté par le VIH est très élevée) ou à la demande (avant et après une activité sexuelle, suivant un schéma précis). Plusieurs villes occidentales qui proposent la Prep ont connu une baisse du nombre de diagnostics de VIH chez les hommes gays et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, mais globalement, l’accès et le recours à la Prep en Europe ne sont pas suffisants à l’heure actuelle pour avoir un effet sur la tendance de l’épidémie de VIH, indique un récent communiqué de l’Onusida (27 novembre). Les moyens d’améliorer la délivrance de la Prep ont fait l’objet d’une réunion en Suède, mi novembre. L’objectif de cette réunion était de travailler à des « normes minimales » et des « principes clés » pour une meilleure délivrance et un meilleur suivi de la Prep en Europe. Des représentants-es de 22 pays y ont participé. Les hommes gays et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) sont les plus touchés par le VIH en Europe, rappelle l’Onusida. Les utilisateurs de la Prep sont presque tous des hommes gays et des HSH, mais la grande majorité n’a pas accès à la Prep de manière officielle. Conséquence, parmi ceux qui la prennent, bon nombre se la procurent en ligne et s’en servent sans aucun appui ni suivi médical.  Lors des travaux, les participants-es « ont pu entendre de quelle manière la mise à disposition de la Prep dans des environnements conviviaux et accessibles pouvait inciter les gens à passer un test de dépistage du VIH et contribuait au diagnostic et au traitement d’autres infections sexuellement transmissibles. Le fait de sortir la délivrance de la Prep hors des centres très spécialisés, en concertation avec les communautés d’utilisateurs potentiels de la Prep, ouvre la voie à une prise en charge médicale plus large, indique l’institution onusienne. Des approches innovantes en ligne visant à améliorer l’auto-gestion de la Prep et le diagnostic ainsi que le traitement des infections sexuellement transmissibles ont été présentées ».  « La décentralisation de la délivrance de la Prep et son intégration dans des services de santé plus étendus doivent souvent être mises en place sans apport de fonds supplémentaires. Les prestataires de services sont donc demandeurs de recommandations sur les normes de sécurité minimales à appliquer à la délivrance de la Prep ». Conscients que dans bien des cas l’utilisation de la Prep se faisait de façon « sauvage », les participants-es « ont lancé un appel en faveur de directives sur la manière d’arrêter et de démarrer correctement la Prep et les protocoles de dépistage du VIH à suivre pour que [le] type d’utilisation non quotidienne de la Prep se fasse en toute sécurité ». Trois actions ont été identifiées lors de la réunion. Un document de consultation va être rédigé concernant les éléments et les principes essentiels et souhaitables d’un programme de Prep décentralisé, y compris pour une utilisation non quotidienne sûre. Un bilan technique du suivi normalisé sera effectué par l’Organisation mondiale de la Santé et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Par ailleurs, tous les participants-es à la réunion sont invités à fournir tous les détails en leur possession sur la tarification des médicaments utilisés pour la Prep aux pouvoirs publics et aux consommateurs, détails qui seront échangés entre les programmes européens de lutte contre le VIH afin de renforcer les négociations sur les prix. L’Onusida rappelle qu’elle « travaille aux côtés des pays pour concrétiser l’engagement pris dans la Déclaration politique des Nations Unies de 2016 sur la fin du sida de faire en sorte que trois millions de personnes aient accès à la Prep d’ici à 2020.