Prep : où sont les femmes ?

19 Janvier 2022
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À ce jour, en France, 97,5 % des personnes usagères de Prep sont des hommes âgés de 36 ans en moyenne, d’après les dernières données de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament). Ce chiffre n'a quasiment pas bougé en cinq ans et il questionne. Pourquoi cet outil de protection très efficace ne se diffuse pratiquement pas chez les femmes ? L'épidémiologiste Dominique Costagliola (et administratrice de AIDES), qui travaille sur le VIH/sida depuis 1986 donne des éléments de réponse dans une interview accordée à Slate : « Les recommandations concernant la prescription de la Prep n'ont pas été mises à jour depuis longtemps et elles ciblent avant tout les HSH [hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, ndlr] et les travailleurs et travailleuses du sexe. Or, Santé Publique France ne peut pas promouvoir un traitement qui n'est pas recommandé. Il conviendrait de travailler rapidement pour faire une mise à jour qui intégrerait un public plus large et notamment les femmes dans leur ensemble. Cela permettrait de développer une communication institutionnelle pour élargir les publics de la Prep. Même si un groupe de travail a été constitué, le sujet n'est pas en haut de la pile », déplore l’épidémiologiste. En mai 2021, le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) publiait un avis, suivi de recommandations, sur la place de la Prep dans la prévention du VIH en France. Dans cet avis, un changement de paradigme important était encouragé par le CNS, qui considère que la Prep doit être mise au même niveau que le préservatif, sans hiérarchie, dans la palette de prévention du VIH. La prochaine étape est la mise à jour du rapport d’experts-es concernant la prévention et la prise en charge du VIH, des hépatites virales et des IST. Cette mise à jour attendue courant 2022 sera cruciale pour le déploiement de la Prep chez les femmes.