Prep : quels effets sur les reins ?

11 Avril 2022
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Deux nouvelles études sur la Prep indiquent que les effets indésirables de ce traitement préventif sur les reins sont rares et réversibles rapporte le site aidsmap. L’altération de la fonction rénale est un effet indésirable rare chez les personnes qui prennent de la Prep en comprimé oral de tenofovir alafenamide (Truvada). Une surveillance fréquente de la fonction rénale dans ces études a montré qu’il existait plusieurs stratégies pour atténuer ces effets. Réduire les produits de supplémentation en protéines (très prisés par les adeptes de la musculation) ou changer son régime alimentaire sont des options. Le fait de passer d’une Prep en prise continue (sept jour sur sept) à une prise à la demande est une autre option (réservée aux hommes cisgenres). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de réduire la fréquence de surveillance de la fonction rénale chez les personnes qui ont moins de 30 ans et qui n’ont pas de comorbidités. Les tests de la créatinine (prises de sang) sont recommandés tous les six mois uniquement chez les personnes qui ont des comorbidités, ou plus de 50 ans ou une clairance de la créatinine inférieure à 90 ml/min (peut être un des premiers signes biologiques d'une insuffisance rénale débutante). La bonne nouvelle c’est que ces effets indésirables rares ne sont pas irréversibles et disparaissent quand la personne arrête la Prep. En outre, une des deux études montre que la fonction rénale revient à la normale dans la grande majorité des cas sans avoir à arrêter la Prep. Pour les rares personnes qui ne parviennent pas à stabiliser leur fonction rénale, d’autres formes de Prep arrivent : la Prep injectable tous les deux mois à base de cabotegravir (vendue sous le nom Apretude aux États-Unis) et la Prep sous ténofovir alafénamide/emtricitabine (vendue sous le nom Descovy aux États-Unis). À noter que les études ne montrent pas de bénéfices notables du Descovy comparé au Truvada sur les reins. En France, le Descovy en Prep était officiellement autorisé à la vente depuis 2016, mais n’a jamais été commercialisé, faute d’accord sur son prix. Le laboratoire prétend à un prix trop élevé selon les autorités sanitaires françaises. Dans son avis de juin 2017, la commission de transparence de la Haute autorité de santé (HAS) avait estimé que le Descovy n’apportait « pas d’amélioration du service médical rendu dans la stratégie de prise en charge des patients infectés par le VIH ».