Prep : « révolution sexuelle »

23 Avril 2021
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Un changement radical a eu lieu en cinq ans dans la prévention VIH des hommes gays et bisexuels en Australie. C’est ce que révèle une étude récente publiée dans la revue médicale AIDSnous apprend le site aidsmap. Cette étude, menée par le professeur Martin Holt de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney (Australie) visait à connaître les modes de prévention des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) en Australie. Des questionnaires étaient disponibles en ligne et dans des lieux et événements communautaires identifiés gays. Au total, 32 048 personnes ont répondu à ces questionnaires sur une période de cinq ans (2014-2019). La moitié des répondants avaient entre 27 et 45 ans. La plupart des répondants s’identifiaient comme gays (90 %) ou bisexuels (7 %) et étaient nés en Australie (70 %). Ils étaient 82 % à se déclarer séronégatifs au VIH, 10 % séropositifs et 9 % ignoraient leur statut sérologique au moment de l’enquête. Le fait de répéter ces sondages sur une période de cinq années a permis de comparer les pratiques de prévention au fil du temps. À la question, avez-vous eu des relations sexuelles avec des partenaires occasionnels dans les six derniers mois, 18 % avaient répondu non en 2015 et 15 % en 2019. Concernant les outils de protection utilisés pendant ces rapports sexuels, l’usage systématique du préservatif a chuté passant de 45 % en 2014 à 23 % en 2019. En parallèle, l’utilisation de la Prep pour les pénétrations anales non protégées par un préservatif est passée de 0,7 % en 2014 à 31 % en 2019. Les personnes séropositives qui déclaraient pratiquer la pénétration anale non protégée par un préservatif, mais sous Tasp (charge virale indétectable) sont passées de 4,8 % en 2014 à 5,8 % en 2019. Les personnes séronégatives qui déclaraient pratiquer la pénétration anale non protégée par un préservatif ou par la Prep sont passées de 30 % en 2014 à 25 % en 2019. Les personnes séropositives qui déclaraient pratiquer la pénétration anale non protégée par un préservatif ou par le Tasp (la personne n’a pas une charge virale indétectable) sont passées de 1,6 % en 2014 à 0,6 % en 2019. En résumé, entre 2014 et 2019, le taux de HSH ayant des rapports sexuels protégés (préservatif, Prep ou Tasp) est passé de 68 % à 75 %. Par ailleurs, parmi les HSH séronégatifs qui ne se sont pas sous Prep et qui ont des rapports sexuels sans préservatifs, 34 % d’entre eux déclaraient en 2019 avoir souvent des partenaires sous Prep et 15 % des partenaires sous Tasp. « Notre analyse des données de surveillance nationale des comportements montre un changement historique dans les pratiques sexuelles des australiens gays et bisexuels » ont conclu le Professeur Holt et ses collègues. « Entre 2014 et 2019, la stratégie de prévention la plus utilisée chez les hommes gays et bisexuels qui ont des partenaires occasionnels est passée du préservatif à la Prep et ce changement a contribué à la diminutions des infections à VIH en Australie ». L’Australie est considérée comme un leader mondial dans le déploiement de la Prep. Les traitements VIH sont pris en charge et le Tasp a été largement promu. Un exemple à suivre pour d’autres pays qui peinent à faire connaitre ces outils essentiels dans la stratégie pour mettre fin à l’épidémie de VIH/sida dans le monde.

Références : Holt M et al. Increasing preexposure prophylaxis use and ‘net prevention coverage’ in behavioural surveillance of Australian gay and bisexual men. Aids, 35: 835-840, April 2021.